• Faudrait-il en arriver là ????...

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  •             Le patrimoine, déjà moribond faute de crédits, va-t-il finir par rendre l'âme sous le poids toujours plus exhaustif des rapports successifs ? C'est la question qui se pose après la lecture du 14ème rapport[1] en six ans, document double[2] de près de cent trente pages du Conseil Economique et Social (CES) pour la conservation du patrimoine monumental.
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Le rapport

    Avant de faire des propositions pour relancer la politique de conservation du patrimoine monumental, le bureau du Conseil Economique et Social (CES) a d'abord cherché à faire un bilan détaillé de la situation actuelle. L'énorme travail de synthèse réalisé sous la présidence de Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture et actuel président du domaine de Versailles, commence par rappeler certaines données essentielles tant sur le plan historique que statistique. C'est ainsi qu'il souligne un aspect trop souvent ignoré sur l'impact économique considérable[3] que représente aujourd'hui le patrimoine tant en emplois directs qu'indirects.

     Ainsi en reprenant les conclusions de l'étude menée en 2004 en PACA, il tient à souligner que pour cette seule région, on peut comptabiliser :

    -         au sein des administrations chargées du patrimoine : 1 966 emplois
    -         guides du patrimoine : 900 emplois
    -         les entreprises : entre 500 et 700 emplois
    -         les artisans : entre 132 et 968 selon les modes d'analyse (chiffre donc à affiner)
    -         les emplois liés au patrimoine dans le tourisme : 26 595
    Et de conclure que l'on  peut estimer qu'en PACA en 2004, le patrimoine représentait entre 48 000 et 50 000 emplois en tenant compte des emplois induits. Plus loin il affirme même que pour l'ensemble de notre territoire « les experts s'accordent à considérer que le nombre d'emplois indirects liés à la fréquentation des monuments historiques s'établit entre 430 000 et 500 000 emplois ».
    <o:p> </o:p>

    Le constat est similaire à propos des recettes générées par le patrimoine en PACA :

    -         les travaux de restauration du patrimoine (montant établi sur la base des informations du GMH : environ 37,6 millions d'euros HT)
    -         le tourisme patrimonial (hôtellerie, restauration, commerce, etc.) environ 1 275 millions d'euros sur les 7 500 millions d'euros comptabilisés pour l'ensemble de l'activité touristique
    -         les taxes de séjour directement attribuables au tourisme patrimonial, 3,923 millions d'euros, ressources directes des communes concernées.
    <o:p> </o:p>

    Pourtant faute d'études conséquentes menées sur le sujet, il semble que les pouvoirs publics n'aient  toujours pas pris conscience de cette réalité. Dans le chapitre IV du rapport intitulé « une situation globalement alarmante »[4] les auteurs insistent sur « les données inquiétantes » et « le péril sanitaire » auquel sont confrontés nos monuments « protégés ». Il remarque par exemple qu'entre 2002 et 2007 « l'effectif des monuments considérés en bon état passe de 19 % à 22 %, mais en revanche les états défectueux (de la notion de « mauvais état » à celle de « péril ») passent de 32 % à 41 % ».[5] Le rapport estime qu'il faudrait investir 8,6 milliards d'euros pour sauver le patrimoine monumental dont 5.2 pour les seuls monuments dont la situation est en péril !

    <o:p> </o:p>

    Ces résultats ne sont bien sûr pas homogènes et méritent d'être examinés région par région. Pour Midi-Pyrénées par exemple, le nombre de monuments en péril serait inférieur à la moyenne nationale[6]. Mais si l'on regarde les monuments dont la « dégradation s'est accélérée » alors nous sommes légèrement supérieur aux chiffres nationaux puisque environ 7% de notre patrimoine entre dans cette catégorie.

    <o:p> </o:p>

    Reste la délicate question budgétaire. Dès le début de son rapport, le conseil remarque la difficulté à tirer un bilan précis de l'action publique ces dernières années : « de nombreux changements internes à la nomenclature budgétaire ont rendu au fil des ans le suivi de l'évolution des crédits et son interprétation très complexes, comme le démontre une étude réalisée à l'initiative du ministère de la Culture en 2007 ». Pour atteindre la réalité cachée derrière les labyrinthiques budgets annuels du ministère, le conseil n'a pas hésité à entendre les professionnels du secteur en invitant notamment  Éric Eschlimann, président du GMH, ou des associations comme « la Demeure Historique », tout particulièrement mobilisée sur cette question. Et le constat est sans appel « ces professionnels estiment que le budget de l'État consacré aux monuments historiques aurait « fondu » de 20 % depuis 2007, passant de 380 millions d'euros à 303 millions d'euros. Ils soulignent que ce sont les DRAC qui, sur le territoire, enregistrent la plus forte dépression puisqu'elle pourrait se situer, selon les régions, entre 20 et 40 % ». On est loin de la langue de bois ministérielle qui s'évertue, lors des journées du patrimoine, à affirmer sans complexe que l'état ne se désengage pas.

    <o:p> </o:p>Plus grave encore. On se souvient qu'à  deux reprises, conscient de l'urgence qui caractérisait la situation d'un grand nombre de monuments, l'État avait consenti un effort exceptionnel, en 2006 en affectant au patrimoine 100 millions d'euros, prélevés sur le produit de la privatisation des autoroutes et, en 2007, 70 millions d'euros prélevés sur les droits de mutation. Et bien l'on apprend que « contrairement à ce qui était annoncé, « la dotation exceptionnelle de cent millions d'euros dégagée en faveur du patrimoine à partir des recettes de privatisation des autoroutes pour l'année 2006 » a été affectée en totalité aux grands chantiers conduits par l'Établissement Public de Maîtrise d'Ouvrage des travaux culturels (EMOC), dont une des tâches est d'assurer pour le compte de l'État la maîtrise d'ouvrage des opérations immobilières sur les bâtiments présentant un intérêt culturel, éducatif ou universitaire. Cette dotation a en définitive essentiellement bénéficié aux chantiers franciliens de restructuration des équipements culturels et n'a qu'indirectement contribué à la restauration des monuments historiques, à laquelle elle était pourtant destinée ».
    <o:p> </o:p>

    Et de conclure « Il appartient également au ministère de la Culture de veiller à ce que les crédits monuments historiques ne soient pas distraits vers des chantiers institutionnels pour des travaux autres que ceux nécessaires aux monuments qui les reçoivent éventuellement. Les crédits du patrimoine ont trop souvent été captés par des « grands travaux » qui devraient en bonne logique bénéficier de dotations budgétaires spécifiques, plutôt que de vampiriser les crédits dont les travaux sur les monuments ont tant besoin - qu'il s'agisse de les restaurer à proprement parler - d'améliorer leur sécurité et leur sûreté, ou d'y réaliser des travaux utiles à l'accueil du public. » No comment.

    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    Olivier Clérin.

     

    PS : pour les propositions du CES, suite au prochain épisode.


    [1] Page II - 6 du rapport : liste des principaux rapports et études sur le patrimoine ayant fait autorité au cours des dernières années.
    Février 2002 - Rémi Labrusse - Rapport sur la consommation des crédits d'investissements alloués au ministère de la Culture et de la communication
    Juillet 2002 - Yann Gaillard - Rapport d'information fait au nom de la commission des finances du Sénat sur l'action en matière de patrimoine
    Novembre 2002 - JP Bady (président) et M. Samson (rapporteur général) - Rapport de la commission « patrimoine et décentralisation » : réflexions et propositions pour une politique nationale du patrimoine
    Septembre 2003 - Xavier Greffe - La valorisation économique du patrimoine - La Documentation française (2003)
    Novembre 2003 - René Rémond - Rapport de la commission présidée par R. Rémond remis au ministre de la Culture sur « les possibilités de transfert de propriété de certains monuments historiques appartenant à l'État aux collectivités locales »
    Avril 2006  - Bruno Suzzarelli, François Goven, François Cailleteau - Rapport de la mission d'audit de modernisation IGAAC/IGAP/IGF sur la modernisation et la rationalisation de la maîtrise d'ouvrage et de la maîtrise d'oeuvre sur les monuments historiques
    Octobre 2006 - Philippe Nachbar - Rapport de la mission d'information du Sénat sur l'entretien et la sauvegarde du patrimoine monumental
    Décembre 2006  - Christian Kert - Rapport d'information de l'Assemblée nationale sur la conservation et l'entretien du patrimoine monumental
    Juillet 2007 - Yann Gaillard - Rapport d'information du Sénat sur l'enquête de la Cour des comptes relative à l'établissement public de maîtrise d'ouvrage des travaux culturels (EMOC)
    Octobre 2007 - Ministère de la Culture - Direction de l'architecture et du patrimoine - Étude sur le financement par l'État de l'entretien et de la restauration des monuments historiques (1978-2008)
    Décembre 2007 - Ministère de la Culture - Direction de l'architecture et du patrimoine
    Rapport sur l'état du parc monumental français : composition du parc monumental, bilan sanitaire des immeubles classés au titre des monuments historiques et besoins en travaux
    Décembre 2007 - Cour des comptes - Rapport public thématique sur les grands chantiers culturels
    Juin 2008 - Yann Gaillard - Rapport d'information du Sénat sur les modalités d'application de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances dans les directions régionales des affaires culturelles.
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>
    [2] Pour le rapport, document de 99 pages, vous trouverez le document PDF à
    http://www.conseil-economique-et-social.fr/rapport/rapsec/RS081310.pdf
    Pour le projet d'avis (c'est-à-dire les propositions), document de 37 pages, vous trouverez le document à :
    http://www.conseil-economique-et-social.fr/rapport/pravi/PA081310.pdf

    [3] p51 - III A

    [4] Chapître IV p 63
    [5] Source : Rapport sur le parc monumental français, ministère de la Culture et de la communication, 2007.

    [6] Notre région compte 50.98 monuments en périls sur 2453 monuments inscrits ou classés. Source : Rapport sur le parc monumental français, ministère de la Culture et de la communication, 2007



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  •                                                                      Hélène BRETON<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

    <o:p> </o:p>

    Mme Breton se félicite que nombreux sont à porter un intérêt à participer à ces ateliers : ces communications témoignent d'un nouveau regard sur le patrimoine, une conscience plus partagée, la nécessité d'une appropriation collective.

    <o:p> </o:p>

    Elle souligne la mise en place d'un portail Patrimoine (la partie image n'est pas encore prête) crée par le service « Connaissance du Patrimoine » de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la R←gion. Outil">la Région. Outil</st1:PersonName> qui permet la mise en réseau des acteurs : principe du site relais.

    Portail des patrimoines : avec une diversité : bâti, immatériel, traditionnel : avec base de données : visite virtuelle, jeu interactifs, diffusion des contenus scientifiques, dossier inventaire, mise à disposition des ressources en ligne : aide régionale, formation, documentation.

    Mise en œuvre dès novembre 2008 : possibilité de visites virtuelles de sites, expos virtuelles, porte folio, dossiers d'inventaire, jeux, quizz et....renseignements sur les métiers du patrimoine dans une rubrique formation.

    <o:p> </o:p>

    Elle termine en donnant rendez-vous à Nantes aux journées sur le secteur protégé les 30-31 octobre 2008, et remercie chaleureusement tous les participants.

    <o:p> </o:p>

    Ces résumés ont été réalisés par <st1:PersonName ProductID="Corinne Authier-Athanase">Corinne Authier-Athanase</st1:PersonName>, Anne Craveia, <st1:PersonName ProductID="Monique DRIEUX">Monique Drieux</st1:PersonName>, <st1:PersonName ProductID="Sophie Reynard-Dubis">Sophie Reynard-Dubis</st1:PersonName>, Jean-Marc Stouffs, <st1:PersonName ProductID="Fran￧oise Tollon">Françoise Tollon</st1:PersonName> – ACRMP, Toulouse, 2 octobre 2008

    <o:p> </o:p>

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  •                    « L'observatoire : un outil pour le développement par le patrimoine »
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    Présidente : Dominique Salomon, vice-présidente Evaluation des politiques publiques et régionales

    Modérateur : Françoise Clermont, consultante en marketing et tourisme, responsable de l'observatoire du comité départemental du tourisme

    Rapporteur : Samuel Perigois, Docteur, Université de Grenoble

    <o:p> </o:p>

    On note la présence de M Marc Daniel et de Mme Jocelyne Saint Avit, du Conseil Régional.

    <o:p> </o:p>

    Dominique Salomon présente l'observatoire, qui doit être basé sur la connaissance, le partenariat et doit être aussi un observatoire socio-économique. L'étude a été lancée le 23 septembre 2008 pour aider la Région à poser une méthodologie afin de lui permettre de piloter et d'animer seule l'observatoire, sans délégation.

    Françoise Clermont précise que l'atelier doit être une contribution à la mise en place d'objectifs et de missions de l'observatoire, avec une mise en réseau de compétences.

    <o:p> </o:p>

    Jean-Pierre SAEZ, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles (observatoire national)

    Il précise que l'observatoire est une agence libre. Les données de l'observatoire reposent sur des évaluations et non sur une simple observation statistique. Le patrimoine s'est « pluralisé », et on observe une extension de la définition du patrimoine. Il s'intègre aujourd'hui dans le développement durable, et de nouveaux outils d'analyse sont à mettre en œuvre. Il est difficile d'évaluer les retombées économiques, tant le patrimoine est aussi chargé de symbolique et tant son impact social ne peut se résumer en quelques chiffres. En ce sens, on parlera plus d'évaluation que d'observation. Quelques critères d'évaluation : financements – besoins – impact – durée – formation des compétences – publics – flux des financements – emplois directs et indirects – analyse de l'existant (inventaire). L'interprétation des résultats, notamment la qualité du travail accompli, ne peut se faire qu'avec les acteurs, le plus délicat étant de transformer les résultats en outils.

    <o:p> </o:p>

    Remarque de M Carrier, prof.  Du Master « Patrimoine et politique territoriale » de Pau : les outils ne sont pas neutres politiquement.

    <o:p> </o:p>Hervé PASSAMAR, directeur de l'Agence régionale du patrimoine de Paca (sociologue et économiste de formation)
    L'Agence est née en 2001 et est présidée par M Joutard (NB : ancien recteur de Toulouse). Elle a été développée pour l'évaluation d'un patrimoine dans lequel 100 Millions d'euros sont investis pour la sauvegarde, puis a élargi ses missions pour une étude sur la patrimoine, en s'appuyant sur les réflexions de Xavier Graffe (économiste présent aux Ateliers du Patrimoine de MP en 2007). L'agence emploie 4 personnes.
    L'impact économique et social du patrimoine protégé et non protégé en PACA  s'est développé à partir :
    -         d'un état des lieux
    -         de la mise en place d'un cadre pérenne  pour l'observation dans la durée, avec co-production des données des différents acteurs : chercheurs, économistes, historiens, géographes, juristes, et le groupement régional des entreprises Monuments Historiques (GREMH), le centre de recherche sur les métiers du patrimoine.
    Le patrimoine regroupe en effet des métiers très différents, de la restauration à l'accueil du tourisme.
    La difficulté est de collecter des données fiables et utilisables. Comment utiliser par exemple le fait que les billetteries représentent un montant supérieur aux financements Etat/région des restaurations ? Le Patrimoine peut en effet générer plus qu'il ne coûte, mais les investisseurs ne sont pas forcément ceux qui ont un retour. Ainsi, la DAPA a missionné l'Agence depuis 2007 sur ces questions, le rapport devant être remis en novembre 2008. On pense d'ores et déjà que le poids du patrimoine est plus important qu'estimé, et que face à l'érosion de la fréquentation, le mode de gestion et la qualité du patrimoine doivent être repensés.

    Questions :

    Louis Peyrusse (Master Patrimoine de Cahors) remarque que la notion de patrimoine ne peut être figée, et qu'il est important que les outils intègrent l'évolution de la recherche.

    M Carrier de Pau constate l'importance du service de l'inventaire comme base pour les évaluations et les observations

    M Saez estime que les données des petites communes sont rarement prises en compte car elles sont très difficiles à intégrer. Le patrimoine n'est pas prioritaire pour les intercommunalités, qui le classent en 4° position, derrière les bibliothèques, l'enseignement artistique, le spectacle vivant.

    <o:p> </o:p>Jean-Loup Abbé et Claire Jude de Larivière (directeur adjoint de l'UMR Framespa et maître de conférence à la MSH)
    Ils présentent l'axe patrimoine de la Maison des Sciences de l'Homme (MSH) : 11 équipes de chercheurs pour l'histoire, l'archéologie et l'histoire de l'art. La MSH représente un lieu de compétences, de recherches, de collectes de données, d'observations, de formation,  et ce depuis de nombreuses années. La MSH est aussi une interface entre la recherche et les pouvoirs publics, par le biais de la sensibilisation. M Abbé présente le projet INTERREG, projet européen sur le patrimoine des bastides du Moyen-Age et démontre qu'un tel projet étend le patrimoine régional au-delà des frontières.
    <o:p> </o:p>

    Mme Clermont demande d'accélérer le rythme des communications

    <o:p> </o:p>Fabrice Bonnifait, responsable de l'inventaire de la région Poitou Charentes
    Rappel : l'inventaire a été mis en place par Malraux en 1964 et a été transféré aux collectivités par une loi du 13 août 2004. En PC, l'inventaire est intégré à une direction qui s'intitule « Vivre ensemble »
    Un travail a été fait sur l'inventaire du patrimoine industriel de la région, avec un lien très fort sur la mémoire ouvrière et la place de l'Homme dans ce patrimoine. Une communication a été organisée pour un public le plus vaste possible et l'inventaire est accessible à tous (site inventaire.poitou-charentes.fr). 
    <o:p> </o:p>Nathalie VALLEE, chargée de mission Patrimoine, Union régionale des CAUE de Midi-Pyrénées
    L'union a pour objectif de promouvoir l'architecture, l'urbanisme et l'environnement. Les CAUE participent à la planification des mises en évidence des ressources locales, leur valorisation, la hiérarchisation des choix. En ce sens, les CAUE contribuent à l'observatoire régional en tant qu'experts techniques sur des projets territoriaux. Cependant, quelles structures et quels moyens pour l'ORP ? Quels seront les experts et leur représentation ? Peut-on imaginer une université permanente ou un comité d'experts à géométrie variable ?  Dans les Hautes-Pyrénées, un diagnostic a été fait sur le patrimoine rural ; il faudrait apprécier la méthodologie en la comparant avec celle d'autres démarches.
    <o:p> </o:p>Mme Salomon interpelle ensuite un représentant du Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse, chargé du développement, sur le sujet de la collecte des données dans la perspective des retombées touristiques. Le représentant précise que l'on observe ce que l'on veut bien voir et mettre en valeur. Il rappelle que les musées sont dépositaires d'un patrimoine public et qu'ils ont pour rôle de conserver et de transmettre ce patrimoine. Il est donc nécessaire d'organiser la collecte des données tout en se basant sur des connaissances. Créer des modèles est un risque et il ne faut pas confondre les musées avec des parcs d'attractions. Il faut donc hiérarchiser les objectifs selon la qualité à maintenir.
    <o:p> </o:p>Un représentant de l'association CLEF ( ?) présente le projet de mise en valeur du patrimoine bâti dans le Tarn, en convention tripartite (partenaires non retenus ou non précisés) et en collaboration avec le CAUE.
    <o:p> </o:p>Monique Drieux présente Materia Viva et l'ACRMP. Elle précise que sans la conservation et la restauration du patrimoine bâti et mobilier, il ne peut y avoir de valorisation ; M Passamar parlait même  de l' « érosion de la fréquentation » en PACA car le patrimoine n'est pas assez entretenu. Enfin, le constat d'état du patrimoine et les études par les chercheurs (MSH et universités) devraient être liés à l'inventaire et servir de base pour guider les choix et les politiques de mise en valeur du patrimoine.
    <o:p> </o:p>Mme Salomon conclue en rappelant la complexité du champ d'intervention de l'ORP par rapport aux impacts directs et indirects. Il existe cependant beaucoup d'acteurs sur lesquels se reposer, des institutions publiques (CAUE , MSH - elle rassure les représentants de sa considération-, chercheurs et universitaires) et privés (associations, professionnels).
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>Restitution de l'atelier 4 : Samuel Perigois, Docteur, université de Grenoble
    <o:p> </o:p>Dans la structuration de la politique du patrimoine de la région Midi-Pyrénées, l'observatoire est un point de mire. L'observation est complexe avec le problème récurrent de la délimitation du champ « Patrimoine ». L'observation culturelle est basée sur la décentralisation et le transfert de compétences : il faut donc « territorialiser » l'approche du secteur. Il existe déjà un observatoire national et l'échelle de la région doit être envisagée. Les enjeux portent sur la connaissance, le partage et la mise en débat public de cette connaissance commune, la mise en perspective, l'élaboration de stratégies. Observation et évaluations, système d'observation à observatoire : notions polysémiques. L'observation est le préalable de l'évaluation. On pourrait définir l'observation comme la capacité à produire, à capitaliser des informations et mettre les analyses à disposition de tous.
    Mais, les données doivent être actualisées, et les informations accessibles à tous.
    Quelle configuration pour un observatoire régional ?
    Il est une plateforme de ressources dans la durée, une aide à la décision, une articulation avec l'action, un rapport au territoire, où les acteurs doivent être autonomes des politiques ;
    Il est un lieu de concertation et de renforcement des réseaux, avec une co-production des données par différents acteurs associés à la démarche ;
    Il est une mise en débat, un accompagnement des politiques territoriales, un partage de la connaissance ;
    Il a enfin une dimension pédagogique.
    Le rôle de l'inventaire et la temporalité des actions est importante, mais quels indicateurs pour observer, évaluer, sachant que les outils ne sont pas neutres politiquement ? Enfin, des questions sont soulevées : quelle organisation et quelle gestion ? Quel rôle régulateur pourraient avoir l'Etat et la Drac ?
    L'observatoire est donc une méthode pour produire du sens dans un domaine changeant.

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  • « Le patrimoine, une image à renforcer, un facteur de développement durable et d'échanges »
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    Président : Marc Carballido, Vice président développement Durable de la Régio Midi-Pyrénées

    Modérateur : Jean-Marie Compte, Adjoint chargé des relations internationales, coopération décentralisée, patrimoine et tourisme, Ville de Poitiers.

    Rapporteur : Jacinthe BESSIERE, Maître de conférence, université de Toulouse le Mirail

    <o:p> </o:p>

    Introduction : la réflexion de l'atelier 3 va porter sur les points suivants :

    -         comment le patrimoine peut-il participer aux politiques de développement

    -         comment les acteurs de terrain perçoivent-ils les objectifs de transversalité

    -         les partenariats et les mutualisations possibles

    <o:p> </o:p>

    Jean-Luc Morinière, Association Mémoire des Vallées, Chargé de la mission de transition au Pays d'Art et d'Histoire des Vallées d'Aure et du Louron.

    Le Pays d'Art et d'Histoire, ses effets en terme de développement local et d'aménagement.
    <o:p> </o:p>

    La candidature au label Pays d'Art et d'Histoire (PAH) est un projet culturel de territoire, qui requiert le désir et l'engagement des habitants (acteurs), si modestes soient-ils. Si jusque là les projets autour du patrimoine étaient la plupart du temps parachutés et soumis au financement (voire même c'est le financement qui créait le projet), sans souci des acteurs locaux. Avec le PAH, c'est le contraire : tout vient des élus, des collectivités et des acteurs (associations...). Si le financement est attendu, il n'est pas au cœur du projet. Ce qui est attendu, c'est l'optimisation des ressources humaines. On n'est pas là dans un projet standard, le PAH s'engage pour et avec les habitants, il s'agit d'un projet culturel du territoire.

    <o:p> </o:p>

    Pour les Vallées d'Aure et du Louron, cette démarche a été un outil de développement avec des effets :

    - économiques : signalisation des ressources locales (marbre, eau) tourisme plus équilibré , développé sur l'année : nature (ski, montagne) et culture (visites guidées, festivals..) avec des activités chaque saison, tourisme scolaire (service éducatif du PAH en partenariat avec les écoles et collèges du coin)

     - sociaux et culturels : réappropriation du fond culturel par les habitants natifs comme nouveaux venus, renforcement du sentiment d'appartenance à un pays, avec extension vers l'Aragon et l'Espagne.

    - environnementaux : amélioration de la qualité des aménagements, valorisation et sauvegarde de l'architecture locale

    La priorité a été mise sur les actions de printemps et d'automne (tourisme annuel), l'artisanat s'est raffermi et il y a eu un effet d'entraînement...

    L'intercommunalité a été renforcée au détriment des rivalités entre communes et vallées..

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Georgette Bréard, Vice-Présidente de la Région Bretagne charge du Patrimoine et du Tourisme, Présidente du Comité Régional de Tourisme.

    La place du patrimoine dans la communication et le tourisme régional.
    <o:p> </o:p>

    La Bretagne est la 1ère région de France (hors Ile de France) pour la quantité de patrimoine.

    Elle a un patrimoine spécifique matériel (nature, calvaires, navires, moulins, lavoirs, )... ou immatériel (cuisine, danse, musique), fortement investi par tous.

    C'est une région à forte personnalité et forte consommation touristique, (4ème région touristique de France).

    Le tourisme y est une activité économique majeure (revenu complémentaire pour les agriculteurs, restauration de résidences secondaires,...) avec pour conséquences  un très faible taux de chômage et des créations d'emplois en hausse (8% du PIB breton,).

    Une enquête a été menée en 2005, 17 000 questionnaires ont été remplis par des visiteurs : 20% d'entre eux visitent des monuments et des musées, 75% se portent plutôt sur les balades à pied et en vélo.

    Le tourisme est très dépendant du patrimoine et de la culture.

    Le vivier patrimonial naturel attire des touristes demandeurs d'activités « nature ».

    Nature et culture forment deux entités patrimoniales qui s'alimentent réciproquement.

    Il est donc nécessaire de prendre en compte la juste valeur du patrimoine, comme une ressource, et non pas seulement sa valeur d'existence.

    Il faut démocratiser l'accès au patrimoine pour les habitants et pas seulement pour les visiteurs et inscrire le patrimoine dans le développement ; une « charte du patrimoine et du développement durable » a été mise en place.

    Pour promouvoir le patrimoine et consolider sa position de pilier de l'économie bretonne, la région a créé une Direction Tourisme et Patrimoines (culturel et naturel).

    Le développement durable est le fil conducteur de la politique patrimoniale et touristique. Il faut concevoir une « mise en tourisme » du patrimoine breton.

    <o:p> </o:p>

    Patrick Lévy, Directeur général du Comité Régional du Tourisme de Midi-Pyrénées.

    L'audit identitaire, un outil de communication pour le territoire.

    <o:p> </o:p>

    Qui est-on (en Midi-Pyrénées),qu'est-ce qu'on a à vendre de plus (que les autres régions) ?.A partir du patrimoine de la région (y compris humain et naturel), il s'agissait d'élaborer un plan marketing, partir à la conquête d'une nouvelle clientèle (les « hors-saisons », les étrangers), avec la promotion des produits : il faut prendre l'intégralité de la panoplie. (un client nouveau coûte 7 fois plus cher à acquérir qu'un client fidèle).

    Une enquête a donc été menée auprès des habitants, des clients et des professionnels en vue d'établir une stratégie marketing, une nouvelle identité touristique. 50 experts se sont donc mis au travail pour cet « audit identitaire »)

    Est venue la présentation de la région Midi-Pyrénées à travers des photos :

    Patch-work des couleurs de Midi-Pyrénées –ou des non couleurs, le vert, le rouge, la pierre, la terre, camaïeux urbains, la neige, les matières naturelles, la concentration des technologies, culture du repas, parfums, sons et terroir, l'accent, l'occitan, les lumières, le climat (les anglais viennent voir notre brouillard)

    Finalement, Midi-Pyrénées, c'est un équilibre entre le physique, le cérébral, l'affectif et le spirituel. Une terre d'humanité, de plaisir, de contraste, de nature, de rencontre et de fusion. Une civilisation de l'épanouissement.

    Pour Midi-Pyrénées, une devise est née : « liberté, intensité, Midi-Pyrénées ».

    <o:p> </o:p>

    Jean-Marie Compte, Adjoint chargé des relations internationales, coopération décentralisée, patrimoine et tourisme, Ville de Poitiers.

    Les échanges techniques, économiques et culturels internationaux.

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    Souhait de la nouvelle équipe municipale de faire du patrimoine l'un des axes forts d'une nouvelle politique du tourisme, et de déployer de cette politique vers l'international par

    la candidature de la ville de Poitiers retenue comme ville française pour le projet européen HerO (Heritage as Opportunity) : il s'agit d'un consortium de 10 villes européennes travaillant à lier davantage le patrimoine et le tourisme et ceci dans le cadre du développement durable[1].

    Ce projet a créé une dynamique de territoire qui rassemble les acteurs et développe un programme de rénovation urbaine et de valorisation du patrimoine.

    A Poitiers, il s'agit de faire coexister le parc de loisir du Futuroscope avec le secteur sauvegardé de la Communauté d'Agglomération.

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    5ème intervention : non programmée, d'une personne du service du patrimoine et du tourisme de la Ville d'Albi.

    Dans le cadre de l'agenda 21, a été montée une opération de coopération décentralisée entre la ville d'Albi et la ville d'Abomé au Bénin qui possède comme la ville d'Albi  un important patrimoine en brique; cette coopération porte sur la conservation et le développement de ce patrimoine, avec l'intervention des acteurs locaux, mais également sur l'eau et l'assainissement.

    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>Débats 
    M. le CAOA de l'Ariège déplore que l'atelier n'ait pas répondu à son attente et pose la question : pourquoi les objets du patrimoine ne sont pas intégrés aux circuits touristiques ? Pourquoi en a-t-on fait si peu cas ?
    Il lui est répondu que bien sûr les objets du patrimoine sont intégrés aux circuits touristiques, mais que l'on n'a pas eu le temps d'entrer dans le détail ... et que, par ailleurs, M. Malvy a déjà évoqué les Objets Mobiliers dans son allocution.
     
    La présidente de l'ACRMP intervient également en ce sens, et évoque le financement de la restauration des objets mobiliers à quoi le modérateur lui répond que ce sujet ne concerne pas l'atelier en cours,  relayé pas plusieurs intervenants qui répondent de manière autoritaire et déterminée que le patrimoine n'est pas que culturel mais aussi naturel et que dans le cadre du développement durable c'est ce dernier qui doit avoir la priorité.
    Une paysagiste fait  enfin remarquer que la monumentalité de certains paysages vaudrait que l'on leur confère un statut de Monument Historique ou quelque chose d'équivalent.
    <o:p> </o:p>Une personne présente en un mot l'Association des Parcs et Jardins de Midi-Pyrénées et nous invite à consulter le site internet, www.pjmp.eu
     
    Un architecte du patrimoine s'inquiète : il lui semble que la Région se met à avoir une gestion étatique du patrimoine, sans tenir compte du local. Par ailleurs, les crédits Monuments Historiques diminuant, il faudra bien se poser la question du financement de l'entretien et de la restauration.
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    Une muséographe énonce la nécessité de revoir l'organisation des liens entre le patrimoine et le tourisme, à savoir que le tourisme profite largement du patrimoine, l'inverse n'étant pas vérifié. Il serait bien que le tourisme contribue au financement du patrimoine, mais on lui répond que cette question ne concerne pas le sujet de l'atelier.

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    Restitution de l'atelier 3: rapporteur Jacinthe Bessière, Maître de conférence université Toulouse-le Mirail.

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    1/ M.Patrick Lévy a développé l'idée de patrimoine comme instrument de communication au service des territoires ; ce directeur de l'office du tourisme Midi-Pyrénées a fondé son plan marketing sur les valeurs intrinsèques de la région mises en désir dans un diaporama, 

    2/ Avec Mme Bréard nous avons vu la place du patrimoine dans la politique touristique et l'attractivité d'une région à forte personnalité

    3/ M.Morinière nous a montré comment faire du développement durable à partir du patrimoine, et comment le patrimoine pouvait devenir une ressource au service du territoire, à travers la démarche de candidature au label Pays d'Art et d'Histoire.

    4/Nous avons enfin vu deux exemples de coopération internationale avec les villes de Poitiers et d'Albi.

    Les débats ont montré la difficulté de donner une définition du patrimoine : naturel ou culturel, certains allant jusqu'à parler de monumentalité des paysages[2].

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    [1] Le projet "HerO" dispose d'un budget total de 850 000 euros et reçoit un financement d'un quart de million d'euros de la part de l'UE.  Outre Ratisbonne, "HerO" regroupait en avril 2008 Naples, Graz, Vilnius et Sighisoara (Roumanie). Quatre à six autres villes devraient les rejoindre. Plus de 30 communes et régions, dont Porto, Athènes, Budapest et Liverpool, auraient signalé leur intérêt.Le réseau devrait se mettre au travail début 2009. En l'espace de trois ans, il s'agira d'élaborer et de soumettre à discussion des programmes d'action portant sur la conservation et la valorisation des centres-villes historiques. Les résultats pourront être transposés sur d'autres villes européennes  et seront des modèles d'urbanisme.(Relatio Europe, http://www.relatio-europe.eu/leurope-en-regions/leurope-vecue-dans-les-villes-et-les-regions/104-leurope-vecue-dans-les-villes-et-les-regions/3187-ratisbonne-coordonne-un-projet-modele-de-patrimoine-europeen)

    [2] Commentaire personnel d'un rapporteur de l'ACRMP: j'ai trouvé la restitution peu objective, ne respectant pas l'ordre des interventions, accordant beaucoup d'importance à l'une d'entre elles,  en évoquant à peine d'autres bien plus intéressantes et concrètes à mon avis.

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