Depuis le 10-09-2006 :
97444 visiteurs
Depuis le début du mois :
633 visiteurs
Billets :
105 billets
L'année qui commence promet d'être riche en événements pour le patrimoine. A peine a-t-elle débutée que l'on reparle de la disparition du Ministère de la Culture lors du prochain remaniement gouvernemental et que les projets de réformes s'accumulent : expérimentation de la gratuité de certains musées, projet de loi en discussion sur la réforme de l'aliénabilité des biens culturels, modification du code du patrimoine et de la loi MH, réorganisation des services de l'Etat...en un mot, une année très Doliprane !
Aussi pour entamer 2008 sur une note plus légère, j'aimerais vous parler d'un sujet moins anxiogène en évoquant une anecdote qui a marquée mes débuts dans la profession de restaurateur. Je dois vous avouer avoir été un jeune homme ambitieux. J'entends par là qu'à l'image de Van Gogh qui déclarait vouloir être Rembrandt ou rien, je n'avais d'autre objectif que de restaurer un jour la Joconde. Evidement la réalité m'a vite rattrapé, pour ne pas dire m'a vite cloué au sol. Pour résumer, il ne reste pas beaucoup des chefs d'œuvre de cette époque dans les exemples présentés sur mon dernier C.V. Mais était-ce l'énergie et l'inconscience de la jeunesse, toujours est-il que mon enthousiasme n'était pas encore entamé lorsque je reçu un coup de téléphone qui sonna comme un coup de tonnerre :
- « Allo ... bonjour Monsieur. Vous êtes bien un atelier de tableaux ? »
- « Bonjour Madame. Oui nous sommes bien trois conservateurs-restaurateurs en peinture de chevalet et... »
- « Excusez-moi de vous interrompre mais vous réparez les tableaux, je veux dire vous êtes capable par exemple... euh... de les nettoyer ? »
- « Bien sûr... mais il faut d'abord examiner l'objet et établir un diagnostic avant ... »
- « Et vous restaurez des Toulouse-Lautrec ? »
Alors que je dois courir au moins vingt bonnes minutes, lors de mes footing hebdomadaires, pour sentir les premières gouttes de sueur, là, en quelques secondes à peine, j'avais déjà les mains moites et le cœur au taquet.
- « Bien évidement. Mais êtes vous bien sûre qu'il s'agit d'une œuvre de Toulouse-Lautrec ? »
- « Oh oui, ça j'en suis certaine ! Il y a même sa signature en bas. Est-ce que je peux venir vous voir la semaine prochaine ? »
- « Pas de problème. N'oubliez pas de rappeler pour prendre rendez-vous au cas où nous serions en déplacement »
Vous imaginez sans peine dans quel état d'excitation je me trouvais après avoir raccroché. J'étais encore en train de raconter mon bref entretien avec mes collègues lorsque la sonnerie du téléphone retentit de nouveau.
- « Allo. Bonjour Monsieur. Je suis bien à l'atelier de restauration de tableaux ? »
La voix féminine était différente de la précédente.
- « Bonjour Madame. Oui, vous désirez ? »
- « Voila. Vous venez de recevoir un appel pour restaurer un Toulouse-Lautrec ? »
- « !!! Euh...oui, c'est vrai... »
- « Je suis un peu gênée mais il s'agit d'une erreur. La personne ne pourra pas venir »
- « Ah...est-il indiscret de savoir pourquoi ? »
- « Et bien je me présente. Je suis infirmière à l'hôpital psychiatrique du Bon Sauveur à Albi. En fait il s'agit bien d'un Toulouse-Lautrec mais c'est en fait une affiche qu'une de nos patientes a décrochée du mur... »
Je ne sais pas si un jour je restaurerai la Joconde. Mais je sais maintenant pourquoi elle me sourit.
Publié par ACRMP à 21:56:39 dans * Tribunes libres des membres de l'ACRMP | Commentaires (0) | Permaliens
A tous les membres de l'ACRMP, je souhaite une bonne et heureuse année, émaillée de conservation-restauration d'objets en attente de soins ;
A toutes les personnes qui sont venues sur ce blog, ou qui y viendront, une excellente année, accompagnée d'un merci plein d'espoir pour l'intérêt qu'ils portent au patrimoine, à la conservation-restauration, à l'association... ou que sais-je encore ;
A Anne-Christine, qui a créé et gère le blog, des vœux les meilleurs et un coup de chapeau !
Au patrimoine de Midi-Pyrénées, une année pleine de soins et d'égards.
Malgré une conjoncture que l'on peut qualifier, sans trop exagérer, de désastreuse, l'année 2007 s'est révélée riche en événements pour le patrimoine en Midi-Pyrénées, mais également pour l'ACRMP. Sans entrer dans une énumération ennuyeuse, nous retiendrons deux choses : « Les Ateliers du Patrimoine », deux journées organisées par le Conseil Régional pour réfléchir à une nouvelle politique patrimoniale en Midi-Pyrénées, et la rédaction d'une convention pour un partenariat Etat - Région.A un moment où les incertitudes pèsent sur le devenir des DRACs, l'engagement de la Région dans le domaine de la restauration des objets mobiliers permet d'envisager l'avenir avec plus de sérénité. Car 2008, mais également les années à venir, sera la concrétisation, pour le patrimoine, d'un tournant amorcé depuis quelques années. Désormais, ce sont les propriétaires (les mairies dans la plupart des cas), ainsi que toutes les instances territoriales, qui devront retrousser leurs manches, et pas seulement au niveau financier, pour entretenir, conserver et restaurer leur patrimoine. Alors, pour cette nouvelle année qui démarre, nous voulons croire que les efforts conjoints de la Région et de la DRAC, démarrés en 2007, porteront leurs fruits. Nous voulons croire que chaque institution, à son niveau, contribuera à la préservation et la mise en valeur de tous les biens qui participent de l'attrait et de la richesse de Midi-Pyrénées.
Bonne année à tous !Françoise Tollon
Publié par ACRMP à 22:27:13 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) | Permaliens
1|
Vos Commentaires