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ACRMP

Association des Conservateurs-Restaurateurs de Midi-Pyrénées

Réflexions sur les Ateliers du Patrimoine | 30 octobre 2008

Les Ateliers du Patrimoine, organisés pour leur troisième session au conseil Régional de Midi-Pyrénées le 24 septembre dernier, témoignent sûrement de la volonté de la Région de mettre en place une politique patrimoniale, et de s'organiser face à une décentralisation de la culture menée à la hussarde.  On peut bien sûr s'impatienter d'entendre pour la troisième fois des tergiversations pour définir « le patrimoine », la sempiternelle nécessité de « s'approprier le patrimoine », ce vocable indigeste et émergent de « patrimoine mémorial », « patrimoine immatériel », ou entendre évoquer le classement des montagnes au titre de monument historique (mais qui va les sauver avec un titre pareil ?).  Mais s'il y a quelque chose qui sous-tendait ces ateliers, c'est bien l'inquiétude des élus pour l'administration, la gestion et le financement de cette sacro-sainte politique patrimoniale. Si l'Association  Nationale des Villes d'Art et d'Histoire va fédérer les idées et les crédits (président : M. Malvy), les outils juridiques et fiscaux manquent. Et si plus d'un ont rappelé que Malraux avait créé en 1964 l'Inventaire, le Président Malvy et un élu ont rapidement parlé d'un aménagement fiscal, la « niche Malraux », qu'il avait aussi mis en place pour inciter l'investissement dans la sauvegarde du patrimoine bâti. Or aujourd'hui, cet aménagement risque de disparaître, pour faire gagner à l'Etat 100 millions d'euros de déduction fiscale autrefois accordée sur les 400 millions investis dans la rénovation de logements dans les centres historiques. Ainsi que le souligne un journaliste du Point[1], rien ne peut garantir que l'Etat aurait été aussi généreux pour la restauration du patrimoine historique d'une petite centaine de villes en France. Alors, à votre bon cœur Messieurs les Sénateurs ! Votez contre le retrait de ces avantages ! Votez pour la sauvegarde du patrimoine patrimonial que chacun s'appropriera, mémorial d'une France en déconfiture, d'un patrimoine que les grands mécènes ne regarderont jamais, et dont l'Etat se désintéresse.

Monique Drieux Daguerre



[1] Le Point du 25/09/2008 p. 12 « Le chiffre de Jacques Marseille ».

Publié par ACRMP à 18:12:16 dans * Tribunes libres des membres de l'ACRMP | Commentaires (0) |

Les Ateliers du Patrimoine 2008: Conclusions | 18 octobre 2008

                                                                     Hélène BRETON

 

Mme Breton se félicite que nombreux sont à porter un intérêt à participer à ces ateliers : ces communications témoignent d'un nouveau regard sur le patrimoine, une conscience plus partagée, la nécessité d'une appropriation collective.

 

Elle souligne la mise en place d'un portail Patrimoine (la partie image n'est pas encore prête) crée par le service « Connaissance du Patrimoine » de la Région. Outil qui permet la mise en réseau des acteurs : principe du site relais.

Portail des patrimoines : avec une diversité : bâti, immatériel, traditionnel : avec base de données : visite virtuelle, jeu interactifs, diffusion des contenus scientifiques, dossier inventaire, mise à disposition des ressources en ligne : aide régionale, formation, documentation.

Mise en œuvre dès novembre 2008 : possibilité de visites virtuelles de sites, expos virtuelles, porte folio, dossiers d'inventaire, jeux, quizz et....renseignements sur les métiers du patrimoine dans une rubrique formation.

 

Elle termine en donnant rendez-vous à Nantes aux journées sur le secteur protégé les 30-31 octobre 2008, et remercie chaleureusement tous les participants.

 

Ces résumés ont été réalisés par Corinne Authier-Athanase, Anne Craveia, Monique Drieux, Sophie Reynard-Dubis, Jean-Marc Stouffs, Françoise Tollon – ACRMP, Toulouse, 2 octobre 2008

 

Publié par ACRMP à 07:04:18 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Atelier 4 | 18 octobre 2008

                   « L'observatoire : un outil pour le développement par le patrimoine »
 

Présidente : Dominique Salomon, vice-présidente Evaluation des politiques publiques et régionales

Modérateur : Françoise Clermont, consultante en marketing et tourisme, responsable de l'observatoire du comité départemental du tourisme

Rapporteur : Samuel Perigois, Docteur, Université de Grenoble

 

On note la présence de M Marc Daniel et de Mme Jocelyne Saint Avit, du Conseil Régional.

 

Dominique Salomon présente l'observatoire, qui doit être basé sur la connaissance, le partenariat et doit être aussi un observatoire socio-économique. L'étude a été lancée le 23 septembre 2008 pour aider la Région à poser une méthodologie afin de lui permettre de piloter et d'animer seule l'observatoire, sans délégation.

Françoise Clermont précise que l'atelier doit être une contribution à la mise en place d'objectifs et de missions de l'observatoire, avec une mise en réseau de compétences.

 

Jean-Pierre SAEZ, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles (observatoire national)

Il précise que l'observatoire est une agence libre. Les données de l'observatoire reposent sur des évaluations et non sur une simple observation statistique. Le patrimoine s'est « pluralisé », et on observe une extension de la définition du patrimoine. Il s'intègre aujourd'hui dans le développement durable, et de nouveaux outils d'analyse sont à mettre en œuvre. Il est difficile d'évaluer les retombées économiques, tant le patrimoine est aussi chargé de symbolique et tant son impact social ne peut se résumer en quelques chiffres. En ce sens, on parlera plus d'évaluation que d'observation. Quelques critères d'évaluation : financements – besoins – impact – durée – formation des compétences – publics – flux des financements – emplois directs et indirects – analyse de l'existant (inventaire). L'interprétation des résultats, notamment la qualité du travail accompli, ne peut se faire qu'avec les acteurs, le plus délicat étant de transformer les résultats en outils.

 

Remarque de M Carrier, prof.  Du Master « Patrimoine et politique territoriale » de Pau : les outils ne sont pas neutres politiquement.

 Hervé PASSAMAR, directeur de l'Agence régionale du patrimoine de Paca (sociologue et économiste de formation)
L'Agence est née en 2001 et est présidée par M Joutard (NB : ancien recteur de Toulouse). Elle a été développée pour l'évaluation d'un patrimoine dans lequel 100 Millions d'euros sont investis pour la sauvegarde, puis a élargi ses missions pour une étude sur la patrimoine, en s'appuyant sur les réflexions de Xavier Graffe (économiste présent aux Ateliers du Patrimoine de MP en 2007). L'agence emploie 4 personnes.
L'impact économique et social du patrimoine protégé et non protégé en PACA  s'est développé à partir :
-         d'un état des lieux
-         de la mise en place d'un cadre pérenne  pour l'observation dans la durée, avec co-production des données des différents acteurs : chercheurs, économistes, historiens, géographes, juristes, et le groupement régional des entreprises Monuments Historiques (GREMH), le centre de recherche sur les métiers du patrimoine.
Le patrimoine regroupe en effet des métiers très différents, de la restauration à l'accueil du tourisme.
La difficulté est de collecter des données fiables et utilisables. Comment utiliser par exemple le fait que les billetteries représentent un montant supérieur aux financements Etat/région des restaurations ? Le Patrimoine peut en effet générer plus qu'il ne coûte, mais les investisseurs ne sont pas forcément ceux qui ont un retour. Ainsi, la DAPA a missionné l'Agence depuis 2007 sur ces questions, le rapport devant être remis en novembre 2008. On pense d'ores et déjà que le poids du patrimoine est plus important qu'estimé, et que face à l'érosion de la fréquentation, le mode de gestion et la qualité du patrimoine doivent être repensés.

Questions :

Louis Peyrusse (Master Patrimoine de Cahors) remarque que la notion de patrimoine ne peut être figée, et qu'il est important que les outils intègrent l'évolution de la recherche.

M Carrier de Pau constate l'importance du service de l'inventaire comme base pour les évaluations et les observations

M Saez estime que les données des petites communes sont rarement prises en compte car elles sont très difficiles à intégrer. Le patrimoine n'est pas prioritaire pour les intercommunalités, qui le classent en 4° position, derrière les bibliothèques, l'enseignement artistique, le spectacle vivant.

 Jean-Loup Abbé et Claire Jude de Larivière (directeur adjoint de l'UMR Framespa et maître de conférence à la MSH)
Ils présentent l'axe patrimoine de la Maison des Sciences de l'Homme (MSH) : 11 équipes de chercheurs pour l'histoire, l'archéologie et l'histoire de l'art. La MSH représente un lieu de compétences, de recherches, de collectes de données, d'observations, de formation,  et ce depuis de nombreuses années. La MSH est aussi une interface entre la recherche et les pouvoirs publics, par le biais de la sensibilisation. M Abbé présente le projet INTERREG, projet européen sur le patrimoine des bastides du Moyen-Age et démontre qu'un tel projet étend le patrimoine régional au-delà des frontières.
 

Mme Clermont demande d'accélérer le rythme des communications

 Fabrice Bonnifait, responsable de l'inventaire de la région Poitou Charentes
Rappel : l'inventaire a été mis en place par Malraux en 1964 et a été transféré aux collectivités par une loi du 13 août 2004. En PC, l'inventaire est intégré à une direction qui s'intitule « Vivre ensemble »
Un travail a été fait sur l'inventaire du patrimoine industriel de la région, avec un lien très fort sur la mémoire ouvrière et la place de l'Homme dans ce patrimoine. Une communication a été organisée pour un public le plus vaste possible et l'inventaire est accessible à tous (site inventaire.poitou-charentes.fr). 
 Nathalie VALLEE, chargée de mission Patrimoine, Union régionale des CAUE de Midi-Pyrénées
L'union a pour objectif de promouvoir l'architecture, l'urbanisme et l'environnement. Les CAUE participent à la planification des mises en évidence des ressources locales, leur valorisation, la hiérarchisation des choix. En ce sens, les CAUE contribuent à l'observatoire régional en tant qu'experts techniques sur des projets territoriaux. Cependant, quelles structures et quels moyens pour l'ORP ? Quels seront les experts et leur représentation ? Peut-on imaginer une université permanente ou un comité d'experts à géométrie variable ?  Dans les Hautes-Pyrénées, un diagnostic a été fait sur le patrimoine rural ; il faudrait apprécier la méthodologie en la comparant avec celle d'autres démarches.
 Mme Salomon interpelle ensuite un représentant du Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse, chargé du développement, sur le sujet de la collecte des données dans la perspective des retombées touristiques. Le représentant précise que l'on observe ce que l'on veut bien voir et mettre en valeur. Il rappelle que les musées sont dépositaires d'un patrimoine public et qu'ils ont pour rôle de conserver et de transmettre ce patrimoine. Il est donc nécessaire d'organiser la collecte des données tout en se basant sur des connaissances. Créer des modèles est un risque et il ne faut pas confondre les musées avec des parcs d'attractions. Il faut donc hiérarchiser les objectifs selon la qualité à maintenir.
 Un représentant de l'association CLEF ( ?) présente le projet de mise en valeur du patrimoine bâti dans le Tarn, en convention tripartite (partenaires non retenus ou non précisés) et en collaboration avec le CAUE.
 Monique Drieux présente Materia Viva et l'ACRMP. Elle précise que sans la conservation et la restauration du patrimoine bâti et mobilier, il ne peut y avoir de valorisation ; M Passamar parlait même  de l' « érosion de la fréquentation » en PACA car le patrimoine n'est pas assez entretenu. Enfin, le constat d'état du patrimoine et les études par les chercheurs (MSH et universités) devraient être liés à l'inventaire et servir de base pour guider les choix et les politiques de mise en valeur du patrimoine.
 Mme Salomon conclue en rappelant la complexité du champ d'intervention de l'ORP par rapport aux impacts directs et indirects. Il existe cependant beaucoup d'acteurs sur lesquels se reposer, des institutions publiques (CAUE , MSH - elle rassure les représentants de sa considération-, chercheurs et universitaires) et privés (associations, professionnels).
  Restitution de l'atelier 4 : Samuel Perigois, Docteur, université de Grenoble
 Dans la structuration de la politique du patrimoine de la région Midi-Pyrénées, l'observatoire est un point de mire. L'observation est complexe avec le problème récurrent de la délimitation du champ « Patrimoine ». L'observation culturelle est basée sur la décentralisation et le transfert de compétences : il faut donc « territorialiser » l'approche du secteur. Il existe déjà un observatoire national et l'échelle de la région doit être envisagée. Les enjeux portent sur la connaissance, le partage et la mise en débat public de cette connaissance commune, la mise en perspective, l'élaboration de stratégies. Observation et évaluations, système d'observation à observatoire : notions polysémiques. L'observation est le préalable de l'évaluation. On pourrait définir l'observation comme la capacité à produire, à capitaliser des informations et mettre les analyses à disposition de tous.
Mais, les données doivent être actualisées, et les informations accessibles à tous.
Quelle configuration pour un observatoire régional ?
Il est une plateforme de ressources dans la durée, une aide à la décision, une articulation avec l'action, un rapport au territoire, où les acteurs doivent être autonomes des politiques ;
Il est un lieu de concertation et de renforcement des réseaux, avec une co-production des données par différents acteurs associés à la démarche ;
Il est une mise en débat, un accompagnement des politiques territoriales, un partage de la connaissance ;
Il a enfin une dimension pédagogique.
Le rôle de l'inventaire et la temporalité des actions est importante, mais quels indicateurs pour observer, évaluer, sachant que les outils ne sont pas neutres politiquement ? Enfin, des questions sont soulevées : quelle organisation et quelle gestion ? Quel rôle régulateur pourraient avoir l'Etat et la Drac ?
L'observatoire est donc une méthode pour produire du sens dans un domaine changeant.

Publié par ACRMP à 07:03:14 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Atelier 3 | 18 octobre 2008

« Le patrimoine, une image à renforcer, un facteur de développement durable et d'échanges »
 

Président : Marc Carballido, Vice président développement Durable de la Régio Midi-Pyrénées

Modérateur : Jean-Marie Compte, Adjoint chargé des relations internationales, coopération décentralisée, patrimoine et tourisme, Ville de Poitiers.

Rapporteur : Jacinthe BESSIERE, Maître de conférence, université de Toulouse le Mirail

 

Introduction : la réflexion de l'atelier 3 va porter sur les points suivants :

-         comment le patrimoine peut-il participer aux politiques de développement

-         comment les acteurs de terrain perçoivent-ils les objectifs de transversalité

-         les partenariats et les mutualisations possibles

 

Jean-Luc Morinière, Association Mémoire des Vallées, Chargé de la mission de transition au Pays d'Art et d'Histoire des Vallées d'Aure et du Louron.

Le Pays d'Art et d'Histoire, ses effets en terme de développement local et d'aménagement.
 

La candidature au label Pays d'Art et d'Histoire (PAH) est un projet culturel de territoire, qui requiert le désir et l'engagement des habitants (acteurs), si modestes soient-ils. Si jusque là les projets autour du patrimoine étaient la plupart du temps parachutés et soumis au financement (voire même c'est le financement qui créait le projet), sans souci des acteurs locaux. Avec le PAH, c'est le contraire : tout vient des élus, des collectivités et des acteurs (associations...). Si le financement est attendu, il n'est pas au cœur du projet. Ce qui est attendu, c'est l'optimisation des ressources humaines. On n'est pas là dans un projet standard, le PAH s'engage pour et avec les habitants, il s'agit d'un projet culturel du territoire.

 

Pour les Vallées d'Aure et du Louron, cette démarche a été un outil de développement avec des effets :

- économiques : signalisation des ressources locales (marbre, eau) tourisme plus équilibré , développé sur l'année : nature (ski, montagne) et culture (visites guidées, festivals..) avec des activités chaque saison, tourisme scolaire (service éducatif du PAH en partenariat avec les écoles et collèges du coin)

 - sociaux et culturels : réappropriation du fond culturel par les habitants natifs comme nouveaux venus, renforcement du sentiment d'appartenance à un pays, avec extension vers l'Aragon et l'Espagne.

- environnementaux : amélioration de la qualité des aménagements, valorisation et sauvegarde de l'architecture locale

La priorité a été mise sur les actions de printemps et d'automne (tourisme annuel), l'artisanat s'est raffermi et il y a eu un effet d'entraînement...

L'intercommunalité a été renforcée au détriment des rivalités entre communes et vallées..

 
 

Georgette Bréard, Vice-Présidente de la Région Bretagne charge du Patrimoine et du Tourisme, Présidente du Comité Régional de Tourisme.

La place du patrimoine dans la communication et le tourisme régional.
 

La Bretagne est la 1ère région de France (hors Ile de France) pour la quantité de patrimoine.

Elle a un patrimoine spécifique matériel (nature, calvaires, navires, moulins, lavoirs, )... ou immatériel (cuisine, danse, musique), fortement investi par tous.

C'est une région à forte personnalité et forte consommation touristique, (4ème région touristique de France).

Le tourisme y est une activité économique majeure (revenu complémentaire pour les agriculteurs, restauration de résidences secondaires,...) avec pour conséquences  un très faible taux de chômage et des créations d'emplois en hausse (8% du PIB breton,).

Une enquête a été menée en 2005, 17 000 questionnaires ont été remplis par des visiteurs : 20% d'entre eux visitent des monuments et des musées, 75% se portent plutôt sur les balades à pied et en vélo.

Le tourisme est très dépendant du patrimoine et de la culture.

Le vivier patrimonial naturel attire des touristes demandeurs d'activités « nature ».

Nature et culture forment deux entités patrimoniales qui s'alimentent réciproquement.

Il est donc nécessaire de prendre en compte la juste valeur du patrimoine, comme une ressource, et non pas seulement sa valeur d'existence.

Il faut démocratiser l'accès au patrimoine pour les habitants et pas seulement pour les visiteurs et inscrire le patrimoine dans le développement ; une « charte du patrimoine et du développement durable » a été mise en place.

Pour promouvoir le patrimoine et consolider sa position de pilier de l'économie bretonne, la région a créé une Direction Tourisme et Patrimoines (culturel et naturel).

Le développement durable est le fil conducteur de la politique patrimoniale et touristique. Il faut concevoir une « mise en tourisme » du patrimoine breton.

 

Patrick Lévy, Directeur général du Comité Régional du Tourisme de Midi-Pyrénées.

L'audit identitaire, un outil de communication pour le territoire.

 

Qui est-on (en Midi-Pyrénées),qu'est-ce qu'on a à vendre de plus (que les autres régions) ?.A partir du patrimoine de la région (y compris humain et naturel), il s'agissait d'élaborer un plan marketing, partir à la conquête d'une nouvelle clientèle (les « hors-saisons », les étrangers), avec la promotion des produits : il faut prendre l'intégralité de la panoplie. (un client nouveau coûte 7 fois plus cher à acquérir qu'un client fidèle).

Une enquête a donc été menée auprès des habitants, des clients et des professionnels en vue d'établir une stratégie marketing, une nouvelle identité touristique. 50 experts se sont donc mis au travail pour cet « audit identitaire »)

Est venue la présentation de la région Midi-Pyrénées à travers des photos :

Patch-work des couleurs de Midi-Pyrénées –ou des non couleurs, le vert, le rouge, la pierre, la terre, camaïeux urbains, la neige, les matières naturelles, la concentration des technologies, culture du repas, parfums, sons et terroir, l'accent, l'occitan, les lumières, le climat (les anglais viennent voir notre brouillard)

Finalement, Midi-Pyrénées, c'est un équilibre entre le physique, le cérébral, l'affectif et le spirituel. Une terre d'humanité, de plaisir, de contraste, de nature, de rencontre et de fusion. Une civilisation de l'épanouissement.

Pour Midi-Pyrénées, une devise est née : « liberté, intensité, Midi-Pyrénées ».

 

Jean-Marie Compte, Adjoint chargé des relations internationales, coopération décentralisée, patrimoine et tourisme, Ville de Poitiers.

Les échanges techniques, économiques et culturels internationaux.

 

Souhait de la nouvelle équipe municipale de faire du patrimoine l'un des axes forts d'une nouvelle politique du tourisme, et de déployer de cette politique vers l'international par

la candidature de la ville de Poitiers retenue comme ville française pour le projet européen HerO (Heritage as Opportunity) : il s'agit d'un consortium de 10 villes européennes travaillant à lier davantage le patrimoine et le tourisme et ceci dans le cadre du développement durable[1].

Ce projet a créé une dynamique de territoire qui rassemble les acteurs et développe un programme de rénovation urbaine et de valorisation du patrimoine.

A Poitiers, il s'agit de faire coexister le parc de loisir du Futuroscope avec le secteur sauvegardé de la Communauté d'Agglomération.

 

5ème intervention : non programmée, d'une personne du service du patrimoine et du tourisme de la Ville d'Albi.

Dans le cadre de l'agenda 21, a été montée une opération de coopération décentralisée entre la ville d'Albi et la ville d'Abomé au Bénin qui possède comme la ville d'Albi  un important patrimoine en brique; cette coopération porte sur la conservation et le développement de ce patrimoine, avec l'intervention des acteurs locaux, mais également sur l'eau et l'assainissement.

  Débats 
M. le CAOA de l'Ariège déplore que l'atelier n'ait pas répondu à son attente et pose la question : pourquoi les objets du patrimoine ne sont pas intégrés aux circuits touristiques ? Pourquoi en a-t-on fait si peu cas ?
Il lui est répondu que bien sûr les objets du patrimoine sont intégrés aux circuits touristiques, mais que l'on n'a pas eu le temps d'entrer dans le détail ... et que, par ailleurs, M. Malvy a déjà évoqué les Objets Mobiliers dans son allocution.
 
La présidente de l'ACRMP intervient également en ce sens, et évoque le financement de la restauration des objets mobiliers à quoi le modérateur lui répond que ce sujet ne concerne pas l'atelier en cours,  relayé pas plusieurs intervenants qui répondent de manière autoritaire et déterminée que le patrimoine n'est pas que culturel mais aussi naturel et que dans le cadre du développement durable c'est ce dernier qui doit avoir la priorité.
Une paysagiste fait  enfin remarquer que la monumentalité de certains paysages vaudrait que l'on leur confère un statut de Monument Historique ou quelque chose d'équivalent.
 Une personne présente en un mot l'Association des Parcs et Jardins de Midi-Pyrénées et nous invite à consulter le site internet, www.pjmp.eu
 
Un architecte du patrimoine s'inquiète : il lui semble que la Région se met à avoir une gestion étatique du patrimoine, sans tenir compte du local. Par ailleurs, les crédits Monuments Historiques diminuant, il faudra bien se poser la question du financement de l'entretien et de la restauration.
 

Une muséographe énonce la nécessité de revoir l'organisation des liens entre le patrimoine et le tourisme, à savoir que le tourisme profite largement du patrimoine, l'inverse n'étant pas vérifié. Il serait bien que le tourisme contribue au financement du patrimoine, mais on lui répond que cette question ne concerne pas le sujet de l'atelier.

  

Restitution de l'atelier 3: rapporteur Jacinthe Bessière, Maître de conférence université Toulouse-le Mirail.

 

1/ M.Patrick Lévy a développé l'idée de patrimoine comme instrument de communication au service des territoires ; ce directeur de l'office du tourisme Midi-Pyrénées a fondé son plan marketing sur les valeurs intrinsèques de la région mises en désir dans un diaporama, 

2/ Avec Mme Bréard nous avons vu la place du patrimoine dans la politique touristique et l'attractivité d'une région à forte personnalité

3/ M.Morinière nous a montré comment faire du développement durable à partir du patrimoine, et comment le patrimoine pouvait devenir une ressource au service du territoire, à travers la démarche de candidature au label Pays d'Art et d'Histoire.

4/Nous avons enfin vu deux exemples de coopération internationale avec les villes de Poitiers et d'Albi.

Les débats ont montré la difficulté de donner une définition du patrimoine : naturel ou culturel, certains allant jusqu'à parler de monumentalité des paysages[2].

 

[1] Le projet "HerO" dispose d'un budget total de 850 000 euros et reçoit un financement d'un quart de million d'euros de la part de l'UE.  Outre Ratisbonne, "HerO" regroupait en avril 2008 Naples, Graz, Vilnius et Sighisoara (Roumanie). Quatre à six autres villes devraient les rejoindre. Plus de 30 communes et régions, dont Porto, Athènes, Budapest et Liverpool, auraient signalé leur intérêt.Le réseau devrait se mettre au travail début 2009. En l'espace de trois ans, il s'agira d'élaborer et de soumettre à discussion des programmes d'action portant sur la conservation et la valorisation des centres-villes historiques. Les résultats pourront être transposés sur d'autres villes européennes  et seront des modèles d'urbanisme.(Relatio Europe, http://www.relatio-europe.eu/leurope-en-regions/leurope-vecue-dans-les-villes-et-les-regions/104-leurope-vecue-dans-les-villes-et-les-regions/3187-ratisbonne-coordonne-un-projet-modele-de-patrimoine-europeen)

[2] Commentaire personnel d'un rapporteur de l'ACRMP: j'ai trouvé la restitution peu objective, ne respectant pas l'ordre des interventions, accordant beaucoup d'importance à l'une d'entre elles,  en évoquant à peine d'autres bien plus intéressantes et concrètes à mon avis.

 

Publié par ACRMP à 07:02:12 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Atelier 2 | 18 octobre 2008

« L'intégration de la dimension patrimoniale dans les politiques d'aménagement du territoire : des politiques partagées et complémentaires entre collectivités »
 

Président : Jean Louis GUILHAUMON, Vice président Tourisme, Région Midi-Pyrénées

Modérateur : Jean ROUGER, Mairie de Saintes et vice président de l'Association Nationale Villes et Pays d'Art et d'Histoire.

Rapporteur : Alain LEFEBVRE, Professeur émérite, Université Toulouse Le Mirail

 Introduction
 

J.L.GUILHAUMON : Présentation des chiffres touristiques : flux de fréquentation en MP : 54,6%  des activités clientèles sont culturelles.  Sur 15 Millions de visiteurs, 13 concernent les Grands Sites.

La politique culturelle de la Région est la mise en valeur du développement durable. Le fonctionnement se fait avec le système de Convention partenariat : 7 départements sur 8. L'accent est mis sur les grands sites touristiques culturels : une vingtaine en Midi-Pyrénées ; Ceci à travers un travail de promotion et de mise en œuvre de la préservation du patrimoine en développant les infrastructures d'hébergement, de circulation etc...

Volonté de créer un maillage des grands sites avec le territoire en fonctionnement sous forme de réseau : chaque grand site puisse faire référence aussi à un autre grand site pour favoriser l'intégration du patrimoine.

  1. Une démarche d'aménagement culturel du territoire
 Eric ANDRIEU, Vice président Région Languedoc-Roussillon, chargé du programme Pays Cathare, Attaché parlementaire (absent) (a œuvré pour la labellisation « Pays Cathare »)

MICHEL OLIVIER, chef de mission pour les équipements structurants au Conseil Général de Saône et Loire

 

MICHEL OLIVIER (difficilement audible et compréhensible) projet d'aménagement du territoire de Cluny dans le Mâconais

 

Mobilisation de la communauté des communes

Recherche de conventions, recherche scientifique fondamentale

 

ROLAND CHABERT Conseil Régional Midi Pyrénées Service Connaissance du Patrimoine

 

Restauration des MH, prise en charge par le Département 

Mise en place d'une Convention Cadre uniquement avec le département du Lot (projet sur 3 ans) : programme scientifique du territoire défini avec le département : programme dit exemplaire car il prévoit depuis la première étape, la connaissance de l'inventaire, jusqu'à celle de sa présentation.

A cette convention s'adjoignent d'autres conventions complémentaires.

 

Exemple de LECTOURE (Gers) : pilote de la convention : connaissance et valorisation de l'inventaire et apporter des outils et aider les musées. Les crédits : 86 millions d'euros concernent ce projet, crédit de restauration non compris...(pas de chiffre à ce propos).

  

2. L'articulation des stratégies : la contractualisation avec les départements et les Pays Voynet

 Nicolas BRU, Chargé de mission patrimoine, CAOA, Conseil Général du Lot (absent)

RAYMON VALL, Président de la Commission Culture à la Région Midi-Pyrénées, Maire de Fleurance, Président du Pays Portes de Gascogne (absent)

Jean CAMBON, Président du Pays Midi-Quercy

 

AURELIE BEGOU Chargée de Mission à la Culture dans le Pays Portes de Gascogne

Signature d'une convention culturelle (projet 3 ans) pour le développement des projets territoriaux

76 500 euros. Mise en avant de la culture occitane, d'un patrimoine immatériel.

Surtout le spectacle vivant. L'outil de communication : la communauté des communes.

Valoriser une dynamique territoriale avec l'aide de la conservation départementale du Musée du Gers.

Problème  rencontré: raréfaction du financement public

 

Jean CAMBON Président du Pays Midi-Quercy

A œuvré pour la mise en place d'une charte de développement durable (projet sur 3ans) : une charte paysagère. Le paysage s'insère dans la notion de patrimoine. Signature d'une convention avec la Région et le département du Gers. Travail sur le patrimoine immatériel et la langue occitane. L'Action se fait au sein de la communauté des communes. Grande unité politique. Le pays fourni l'ingénierie.

 

3. L'intégration des Villes et Pays d'Art et d'Histoire dans la politique patrimoniale régionale

 

Paul FROMONTEIL, Vice président Région Poitou-Charentes

La politique régionale est axée sur la Culture, le sport, le lien social et le logement. Sur le terrain, la Région a la maîtrise d'ouvrage : l'art roman, forte ligne budgétaire. Les festivals d'art roman permettent la valorisation des grands monuments, des petites églises. Des manifestations donnent une dimension créative et contribue à l'aide à l'emploi.

C'est la 1ère région a avoir fini son inventaire patrimonial industriel (3ans de travail) : le résultat de ce travail : une connaissance scientifique sur sa propre région.

Cela a permis de découvrir que le territoire n'a pas seulement une histoire agricole mais industrielle qui est une réponse sur l'économie sociale de la région.

Dans chaque Pays un animateur culturel permet une Transversalité.

Un travail avec le réseau des villes d'Art et d'Histoire est également effectué.

P.F. souligne le désengagement de l'Etat et le fait que la région a trouvé ses solutions et rappelle que « l'Etat ne doit pas être exonéré de son rôle ».

 4. La synergie des politiques pour une plus grande transversalité
 

PASCAL QUENIOT, Directeur adjoint du PNR (Parc National Régional) Loire Anjou Touraine

 

Projet sur 12ans.

Label national géré par un Syndicat Mixte

Objectif : préserver et valoriser le patrimoine naturel, bâti, culturel et contribuer à l'aménagement durable et favoriser le développement économique.

Ex : Marais Distré( ?)cadre avec un support pédagogique

Le patrimoine rural en déclin : méthodologie de travail : recensement communaux et inventaires. Inventaire Dynamique, méthode Renable (contraire de typonymique)

Sélection des édifices par des groupes de travail

Maîtrise d'œuvre : l'Architecte du Parc

 

Restauration avec aide à 80% de la DRAC et 20% des communes

Les crédits :

Crédits de fonctionnement : Europe de 1997à 1999

Crédits d'investissement de 2000 à 2007 : Région, département, mécénat d'EDF

Travail avec des structures d'insertion avec les départements pour la sélection de chantier en fonction de la présence sur place de structures d'insertion

Valorisation pédagogique : « L'éloge des lavoirs »

BILAN d'évaluation :

500 000 euros de restauration avec une redistribution pour les structures d'insertion

A l'échelle des Pays et des EPCI : absence de volonté politique : ingénierie financière et technique absente. Politique non portée sur le paysage

A l'échelle des communes : approche opportuniste des élus et sectorielle, réappropriation des patrimoines, bon accueil des habitants

Pour le parc maître d'œuvre : financement multiples et sectoriels/ la notion de valorisation est incomprise et à clarifier, taux d'intervention insuffisants, coût de fonctionnement important, absence d'évaluation de l'impact social

Pour le territoire : pertinent, le projet détermine le territoire, EPCI à fiscalité propre dans une approche supra territoriale

 

Piste de réflexion : créer une « imagibilité » et s'influencer de l'Association Villes d'Art et d'Histoire

 Intervention de Mr CALMETTE,  architecte: manque de lien entre le terrain et l'action des élus,
Intervention de Mr BAFFALIE, représentant de l'Association des maisons des paysans de France : fait une remarque sur l'absence sur le terrain du savoir faire, des artisans,...
 CONCLUSION : A qui appartient le patrimoine?
 

Restitution : Alain LEFEBVRE, professeur émérite, Université de Toulouse le Mirail

 

Dans une atmosphère sans langue de bois, l'atelier a réuni 70 personnes pour donner une bonne illustration du territoire, composé de 4 éléments : ressources localisées, processus d'appropriation, aménagement, héritage construit. Le patrimoine caractérise l'essentiel d'un lieu, d'un imaginaire à mettre en relation avec d'autres territoires, en transfert, en échanges. On note la mutation des sociétés dans laquelle le patrimoine s'inscrit. Le patrimoine et le développement durable sont des notions à construire, qui ne vont pas de soi.  Enfin, certains ont souligné les problèmes de « gouvernance territoriale ». Il existe des outils spécifiques à articuler avec les aspects juridiques et administratifs.

Un architecte demande s'il peut exister une gouvernance sans formation. Un autre intervenant, peu audible, explique qu'il n'existe pas de moyens d'intervention au niveau régional ou interrégional en France à l'heure actuelle.

Publié par ACRMP à 06:59:12 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

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