• Jeu de patience

                « Et bien, il en faut de la patience pour faire ce que vous faites ». C'est sans aucun doute la remarque la plus courante lorsqu'un client découvre notre travail. Du plus loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu droit à « et bien, il faut être calé en chimie pour faire ça », encore moins (prononcer « moinssse » ici dans le sud-ouest) « ça nécessite un véritable travail d'interdisciplinarité ».

                A la réflexion, cette phrase n'est pas fausse. Prenez par exemple le problème des ordres de services. Et bien c'est vrai qu'il faut être patient. Entre le moment où vous parvient la demande de devis et celui où l'on vous envoie l'ordre de service, il se passe souvent plusieurs mois, voire parfois quelques années. Tenez, l'autre jour j'ai reçu au courrier un devis signé encore libellé en francs...<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

                Autre exemple, les factures. Et bien là aussi il faut savoir être patient. C'est d'ailleurs, au moment du bilan, un sujet de plaisanterie avec mon comptable. « Alors cette année, on en est où du délai moyen de paiement ? Ah, c'est moins bien que l'année dernière ! 57 jours en moyenne contre 56,7[1]. Bon, mais c'est toujours mieux que les 72 jours d'il y a 3 ans». Ce qui est amusant c'est que l'administration fiscale ne semble pas aussi patiente, notamment lorsqu'elle réclame la TVA[2] . L'administration ressemblerait-elle aux femmes de Jean Anouilh lorsqu'il disait d'elles « les femmes ont horreur d'attendre, c'est un supplice qu'elles nous réservent ».

                Dernier exemple, le partenariat Etat - Région. Voilà un an que la Drac et la Région ont passé un accord impliquant notamment la parité dans le financement des opérations de conservation-restauration des objets protégés. Et bien il faut être patient. C'est à la signature paraît-il. J'utilise ici le conditionnel car à vrai dire on ne sait pas où en est le dossier (et ce malgré nos nombreux courriers aux différents acteurs).

    <o:p> </o:p>        Tout ça me donne une idée : et si on appliquait les mêmes pénalités de retard aux courriers que ceux prescrits aux cahiers des charges des appels d'offres en restauration ? Quoi qu'il en soit on peut toujours espérer, comme le dit si bien un proverbe chinois, qu'« avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient de la soie ».

                Olivier Clérin

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    [1] En réalité je n'ose pas, par pudeur pour l'administration française, donner les vrais chiffres.

    [2] Je me permets de rappeler à nos lecteurs que la TVA est due dès l'émission de la facture. D'où la pointe d'humour !



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  • Commentaires

    1
    LN
    Lundi 3 Mars 2008 à 08:26
    TVA
    Je partage l’avis d’Olivier sur la patiente nécessaire à l’exercice de ce métier et surtout celle indispensable aux relations avec l’administration en générale. Je me permets toutefois un petit rectificatif, peu rock n’ roll certes sur la TVA. Cette taxe n’est pas due dès l’émission de la facture mais dès son encaissement. En, revanche pour les professionnels exerçant sous le statut d’artisan (seul ou en société), l’impôt sur le bénéfice est dû à l’émission de la facture que celle-ci soit réglée ou pas en fin d’exercice comptable.
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