• Jour De Pluie.

     Nous pourrions mentir, ou tout du moins être hypocrite, en affirmant que l'ACRMP a fait le choix délibéré de ne pas intervenir durant les dernières JDP. Non seulement cela aurait été malhonnête,  mais surtout cela ne nous aurait pas ressemblé. En vérité nous nous y sommes pris trop tard et les actions prévues au dernier moment n'ont pas rassemblé assez de monde.

    Ces Journées du Patrimoine ont toujours été pour nous l'occasion de rappeler la crise majeure que traversent aujourd'hui l'entretien et la conservation de notre cher patrimoine. Depuis trois ans nous n'avons cessé d'alerter l'opinion et les pouvoirs publics sur la dégradation constante de nos conditions de travail et des sources de financement, en vain. Aujourd'hui encore la situation reste préoccupante et si il fallait s'en convaincre, il suffit de lire l'annonce de l'AFP du 4 septembre du lancement de ces JDP par Mme Albanel :

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Un peu avant l'intervention de la ministre, des associations liées au patrimoine s'étaient d'ailleurs "alarmées" devant la presse de la "dégradation continue des moyens" dévolus au secteur.

    Les responsables de
    la Demeure Historique (3.000 monuments historiques privés) et du Groupement français des entreprises de restauration de monuments historiques (GMH, 180 entreprises), ont ainsi évoqué la "situation inquiétante" du patrimoine en région, dénonçant par ailleurs les règles limitant le mécénat ou le risque de plafonnement des déductions fiscales pour les monuments privés.

    Selon eux, les responsables des affaires culturelles de l'Etat de Rhône-Alpes et Bourgogne "ont décidé cette année de n'autoriser aucun nouvel engagement", ont-ils indiqué.

    Philippe Toussaint, président de VMF (Vieilles Maisons françaises) craint pour sa part que "la moitié des régions ne se retrouvent dans cette situation à la fin de l'année", a-t-il dit à la presse.

    Les associations, qui réclament une grande table-ronde du secteur, demandent une dotation exceptionnelle pour "purger" les 600 millions de crédits engagés dans les travaux en cours, proposant ainsi un "prélèvement sur les 45 milliards d'immobilier que l'Etat a décidé de vendre".

    <o:p> </o:p>Dans le même ton Télérama[1] s'est fait écho de cette conférence de presse que l'hebdomadaire a qualifié de « véhémente », évoquant les réactions des professionnels du GMH[2] présents. Luc Le Chatelier de rappeler par exemple qu'il n'y a « rien de bien neuf sous le soleil de France, sauf que ça empire : en 2008, les crédits pour le patrimoine alloués aux directions régionales des affaires culturelles (Drac) ont baissé de 20 à 40% par rapport à 2007, et les financements se concentrent sur les gros chantiers essentiellement à Paris et en Ile-de-France, alors que 65% des monuments en péril se situent dans des communes de moins de 2000 habitants. »
    <o:p> </o:p>Et de rajouter qu' « aujourd'hui, 41% des monuments historiques sont jugés « en état défectueux » par le ministère de la Culture ; ils étaient 32% en 2002. Et si l'on voulait d'un coup tout réparer, il faudrait débourser 11 milliards d'euros.»
    <o:p> </o:p>

    Malheureusement notre association n'échappe pas aux difficultés du moment. Un sentiment de lassitude, pour ne pas dire de découragement, gagne peu à peu des adhérents qui ont le sentiment d'être abandonnés. Préoccupés par leur survie économique, et qui leur en fera le reproche, certains se laissent aller à une forme de repli sur soi.

    Mais que les promoteurs et complices de cette politique d'abandon ne se réjouissent pas trop vite. Cet échec n'est qu'une bataille perdue. Pas la fin de la guerre. Nous sommes encore suffisamment nombreux à vouloir nous battre pour défendre ces trésors que nous ont légués nos anciens. Il sera sans doute nécessaire de tirer les leçons de notre inertie et de réfléchir à de nouvelles orientations.   Mais comme le dit si bien un proverbe persan, « de quatre choses nous avons plus que nous croyons : des péchés, des dettes, des ennemis...et des années ».

    A très bientôt donc.

    <o:p> </o:p>

    ACRMP



    [1] Télérama 3062 du 17 septembre 2008, « Le patrimoine, c'est la ruine » par Luc Le Chatelier.

    [2] GMH : Groupements des entreprises de restauration des Monuments Historiques (190 PME et 9000 compagnons).



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