• La Région Midi-Pyrénées : rencontre autour du Patrimoine

    Le Conseil Régional de Midi-Pyrénées vient d'exprimer les grandes lignes de sa future politique patrimoniale qu'il annoncera lors des Journées du Patrimoine en septembre prochain. L'architecture de son action a été esquissée au cours d'une journée d'étude intitulée « les ateliers du patrimoine » devant une nombreuse assistance impatiente de connaître enfin la position de la Région face à une décentralisation de l'Etat qui ressemble de plus en plus à un complet désengagement. Il faut d'ailleurs saluer le courage de la Région qui, sur cette question, fait office de région pionnière en France en anticipant le transfert de certaines missions notamment dans le domaine de l'inventaire. Mais rapidement les organisateurs ont cherché à souligner les craintes que leur inspire une charge qui, au delà du problème des compétences, se réalise sans concertation, sans péréquation budgétaire et surtout sans transfert législatif. Aussi la Région a-t-elle décidé d'axer sa future politique autour du thème de « la valorisation du patrimoine », domaine plus en adéquation avec ses champs de compétences.

    Ce choix, aussi pertinent soit-il, n'a pas manqué de soulever nombres de questions aux multiples acteurs présents. En tout premier lieu sur l'ordre des priorités des actions à entreprendre dans un secteur qui, faut-il le rappeler, est aujourd'hui sinistré faute de crédit. A titre d'exemple les crédits d'Etat alloués au patrimoine (immobilier et mobilier confondus) de notre région ont chuté de 11,5 à quelques 1,75 millions d'euros en deux ans !! Dans ce contexte on est amené à se demander s'il y aura, dans les années à venir, un quelconque patrimoine à valoriser. On peut comprendre que le Conseil Régional, qui n'a pas la prérogative ni l'obligation de conserver le patrimoine (même si la Région intervient déjà à hauteur d'un million d'euros), ne souhaite pas se substituer totalement aux charges de l'Etat. Mais n'est-il pas prématuré d'envisager les retombées économiques et touristiques de biens dont la conservation, l'entretien et la mise en valeur ne sont plus assurés ? N'oublions jamais que les œuvres, qui nous ont été transmises et que nous avons le devoir de transmettre à notre tour, sont fragiles. Vouloir tirer parti de cet héritage n'est pas inconvenant mais à l'absolue condition d'en prendre soin. Un soin attentif, respectueux et toujours mesuré. Et ces conditions ne sont pas aujourd'hui remplies.

    Autre inquiétude perceptible chez les participants, la question de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la formation. L¢">la formation. Là</st1:PersonName> encore la Région souhaite, et c'est bien naturel, promouvoir et inciter toutes les formes d'aides à la formation des professionnels du secteur. Les nombreuses expériences de « chantiers écoles » ou d'enseignements encouragent la Région à investir dans ce champ d'action qui relève depuis plusieurs années de sa compétence. Personne n'y trouverait à redire si la réalité économique de se secteur n'était pas aussi catastrophique et s'il n'existait déjà des formations hautement qualifiantes. Encourager des jeunes en manque de diplômes à se former pour ensuite s'installer sans avoir évalué la demande et les besoins du « marché », que représente le patrimoine, sont incompréhensibles. Rappelons que de très nombreux ateliers souhaiteraient pouvoir embaucher si la fluctuation des crédits et l'absence de visibilité à moyen terme ne les en dissuadaient. Ne serait-il pas temps que les différents partenaires concernés que sont la Région, l'Etat et les départements, envisagent de « sanctuariser » une partie de leurs budgets consacrés au patrimoine afin de stabiliser ce secteur d'activité et pouvoir organiser, en concertation, une politique patrimoniale moins aléatoire ?

    Les nombreuses questions posées lors de la clôture des débats sont le reflet du malaise qui agite le secteur du patrimoine depuis plusieurs années. L'attitude de la Région, si louables que soient ses intentions, ne laisse pas de surprendre. Prise en tenaille entre ses champs de compétences et des transferts inachevés ou en cours, elle semble opter pour la prudence en investissant prioritairement le domaine de la « valorisation du patrimoine ». Mais prudence n'est pas toujours raison et s'il est légitime, et sans aucun doute nécessaire, de voir dans le patrimoine une source de richesse et de développement, cela ne peut se faire sans un investissement minimum dont la Région ne peut faire l'économie. Où il en sera du patrimoine comme de Perrette et son pot au lait...

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p><o:p> </o:p>Dans la mesure du possible, nous mettrons en ligne, la semaine prochaine, les notes prises par chacun des participants de l'ACRMP lors de cette journée.

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