• Lettre ouverte à Monsieur Dominique Paillarse, Directeur des Affaires Culturelles, DRAC Midi-Pyrénées.

              Monsieur,

    C'est avec le plus vif étonnement, que j'ai pris connaissance de votre courrier en date du 26 juin 2008 adressé à Madame la Présidente de l'ACRMP en réponse à celui qui vous a été adressé le 11 mars (de la même année). Il semble que vos services n'ont à ce jour toujours pas ratifié la Charte Marianne qui précise à son chapitre 3 que le délai de réponse à un courrier ne peut excéder deux mois !!!<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    Cette réponse tardive est d'autant plus préjudiciable, que l'objet du courrier était une procédure d'appel à candidature[1] puis d'appel d'offres dont les délais sont aujourd'hui clos[2]. Aussi, une rédaction plus diligente aurait-elle permis aux instances de l'ACRMP de répercuter en temps utiles auprès de ses membres, les éclaircissements que vous apportez.

    Au-delà des lenteurs de votre administration, je serais tenté de dire comme Cyrano : « Ah ! Non ! C'est un peu court ».<o:p> </o:p>

    Si en effet, rien dans les lois en vigueur, ne vous permet de faire référence de façon explicite aux titres et diplômes de formation initiale des prestataires auxquels vous souhaitez avoir recours ; rien en revanche, ne vous interdit dans l'appréciation des candidatures et des offres d'apporter une place prépondérante aux références de ces derniers ainsi qu'à la note méthodologique qu'ils pourraient présenter. Or, bien que considérant que les capacités professionnelles et techniques soient des « critères de première importante », vous n'avez pas souhaité qu'elles représentent dans le jugement des offres le premier élément de notation lui préférant très largement le prix. Mais ici, il ne s'agit plus de la loi, mais de votre seule volonté, les textes vous laissant toute latitude sur le pourcentage que vous dédiez à chaque critère.

    Quand « aux règles de la budgétisation préalable » ainsi que « les limites financières de l'opération », permettez moi de penser qu'il ne s'agit là que d'un prétexte, d'une billevesée.

    Car si je vous comprend bien, et le cahier des charges semble le confirmer, cette opération est une programmation vieille de 4 ans et vous espérer réaliser le même chantier sans réévaluation financière. Une telle méthode, en plus d'être économiquement irréaliste est techniquement illusoire. Alors si l'on ne peut augmenter le budget, on peut toujours diminuer les travaux en privilégiant avant tout, les interventions de conservation et en programmant, pour une autre tranche, celles relatives à la restauration.

    Enfin, vous vous déclarez « parfaitement conscient de la difficulté d'intégrer les prestations de restauration sur des biens de type peintures murales, tableaux, polychromie, etc. dans un chantier à de multiples lots, conçu par un maître d'œuvre unique », mais vous ne semblez pas être ému par le délai de réalisation des travaux qui privilégie de façon manifeste de grosses structures à multiples employés. De plus ces délais ne tiennent aucun compte des temps d'évaporation des produits préconisés dans l'étude ce qui conduira inévitablement à ne pas respecter leurs modalités[3] d'utilisation si les candidats retenus ne souhaitent pas supporter les pénalités de retard prévues à l'article 4.6 du CCAP. Quand on a mis plus de quatre ans à lancer une opération de travaux, on peut me semble-t-il prévoir plus de quatre mois et demi pour leur réalisation.

    Mais sans doute existe-t-il des impératifs administratifs ou législatifs hautement prioritaires qui justifient de faire vite plutôt que de faire bien.

    Pour conclure, si comme vous le suggérez, « il convient de réfléchir au rôle et responsabilité des maîtres d'ouvrage et d'œuvres afin que soient conduits des chantier qui répondent aux objectifs de tous dans le respect de la légalité des marchés publics », il me semble à moi, qu'il est urgent de réfléchir aux modalités des chantiers dans le respect du Patrimoine. <o:p> </o:p>

    Sans illusion sur la célérité de vos services à mener une réflexion constructive sur la conservation du Patrimoine, veuillez agréer, Monsieur le Directeur, mes biens sincères salutations.

                                                    Un restaurateur fatigué de voir piétiner le Patrimoine de sa région.



    [1] Annonce n° 42, publiée le 01/03/2008 – BOAMP 044A – Dépt. 31.

    [2] 28 mars 2008 pour les candidatures et 29 mai 2008 pour les offres.

    [3] Je me permets de vous rappeler ici que si comme l'indique l'étude, le diméthylformamide devait être utilisé sur les couches picturales sont temps de rétention est de 40 jours pour 17 mg introduits. Ce temps passe à 50 jours si ce solvant est remplacé par du diméthylsulfoxide, moins toxique pour l'homme.



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