• MONET, MONEY, MONET...

                Dix centimètres. Il aura fallu dix centimètres de déchirure sur une toile de Monet (Le pont d'Argenteuil, 1874) pour que le patrimoine redevienne une question d'actualité. Il est vrai que l'événement a de quoi intéresser les médias : cinq jeunes, passablement éméchés, ont pénétré par effraction au musée d'Orsay afin de poursuivre leur virée nocturne. Interrompus dans leurs festivités par le déclenchement de l'alarme, il semble que l'un d'entre eux a eu la lumineuse idée de donner un coup poing à l'œuvre du maître impressionniste avant de s'enfuir.

    Bien naturellement les journalistes se sont interrogés sur les conditions de sécurité de l'un de nos plus prestigieux établissements parisiens, soulignant la facilité avec laquelle nos joyeux vandales avaient réussi à pénétrer et à s'enfuir librement de ce que tout le monde pensait être un véritable coffre-fort. Mais pour ma part je voudrais attirer l'attention sur un tout autre point. Dès le lendemain l'ensemble de la presse et des médias insistait sur le fait qu'un « collège d'experts » estimait « les dégâts réparables » (sic) et de rajouter « que dans moins d'un mois l'œuvre serait raccrochée à sa cimaise ».

    Je n'arrive toujours pas à y croire ! Alors c'est vrai, il est possible, ici en France, d'envisager de restaurer une œuvre en moins d'un mois ! Je veux dire réunir un collège d'experts, lancer un appel à candidature, mettre en place un cahier des charges, constituer deux lots (support et couche picturale), convoquer les restaurateurs, réunir la commission ad hoc, dépouiller les offres, sélectionner les restaurateurs, réunir un comité scientifique, décider des analyses, réaliser les examens, restaurer l'œuvre, convoquer à nouveau la commission, délibérer ...en moins de quatre semaines ! A moins que ...

                                                                                                  Olivier Clérin

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    P.S : Beaucoup de mes collègues s'alarment devant ce qu'ils appellent  « des restaurations à deux vitesses ». Et bien moi, je dis, que « vitesse » est un bien grand mot.


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