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Pour commencer, honneur aux femmes : la réponse la plus rapide fut celle du parti socialiste. Nous publions donc intégralement les textes qu'il nous a fait parvenir en pièces jointes.
Réponse du PS
Publié par ACRMP à 11:53:32 dans * Election 2007: ils nous ont répondus... | Commentaires (0) | Permaliens
A la demande de certains membres de notre association, nous avons sollicité les différents partis impliqués dans la campagne électorale pour connaître leurs intentions concernant leur politique patrimoniale en général, la conservation/restauration des objets mobiliers en particulier. Nous publierons chaque semaine une réponse de l'un des candidats.
Chaque réponse fera l'objet d'un commentaire et bien sûr nous vous invitons à réagir à l'ensemble des propos.
Question posée par l'ACRMP :
"Peut-on connaître la politique culturelle (en particulier dans le domaine de la restauration des objets d'art) que vous mettriez en œuvre en cas de victoire électorale à la présidentielle de 2007?"Publié par ACRMP à 11:45:18 dans * Election 2007: ils nous ont répondus... | Commentaires (0) | Permaliens
Et en tout premier lieu sur votre légitime question « pensez-vous une seconde que cet argent (vous évoquez les sommes perçues suite aux prêts des œuvres) ira vraiment au musée ? ». Et bien non, pas une seconde. Pas même un dixième de seconde ! Oui vous avez cent fois raisons de dire qu'un maire n'affectera jamais cet argent à un musée sans, dans le même temps, diminuer d'autant sa subvention municipale. Mais si, comme vous, je ne me fais aucune illusion sur les arbitrages budgétaires et souvent l'inculture de nos élus, je miserais volontiers sur leurs penchants mercantiles. Car si, comme vous l'affirmez, un prêt à long terme est susceptible de leur rapporter « un ou deux millions d'euros » alors, il y a fort à parier qu'ils se soucieront un peu plus de nos pauvres musées qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent. Je vous invite à venir en province visiter nos salles et admirer l'état de conservation et de présentation de nos chefs d'œuvres. Venez rencontrer nos élus et nos responsables à la culture. Venez assister aux débats, lors des conseils municipaux, sur les attributions de subvention au patrimoine : on expédie en cinq minutes les budgets pharaoniques des travaux publics pour s'éterniser deux heures sur la pertinence d'une modeste allocation au musée de la ville. Même lorsqu'ils possèdent le fameux label de « musée de France », ceux-ci sont considérés comme de véritables boulets financiers. Et quelles solutions proposent nos signataires ? Aucune, pas une ligne, pas même un mot. Comme disait le poète « la critique est aisée mais l'art est difficile ».
Je ne contesterai pas plus votre argument lorsque vous vous interrogez sur le nombre de conservateurs « favorables à cette expérimentation ». Si nos chers historiens d'art étaient des révolutionnaires, ça se saurait ! Je m'interroge quand même sur leurs réactions quasi unanimes : sont-ils animés par la défense du bien commun et du droit d'accès au public ou sont-ils scandalisés de ne pas avoir été consultés sur la réforme ? Vous pointez du doigt les responsables de cette « dérive » en désignant bien sûr les politiques mais aussi les dirigeants des grands établissements qui ont le tort de ne pas appartenir au prestigieux corps des conservateurs. Faut-il rappeler que si les conservateurs sont responsables des collections publiques, ils n'en sont pas les propriétaires. Et même si nos oreilles y sont peu habituées, il n'est pas indécent d'entendre que ce sont les politiques, c'est-à-dire nos élus, qui ont la légitimité et sans doute le devoir de décider (même si je m'associe volontiers à leur colère devant l'absence de dialogue et de concertation).
Mais pour finir, j'aimerais aborder le cœur de la polémique : est-il indécent de « louer », pour une période déterminée, nos chefs d'œuvres à des musées étrangers ? Et bien je pense que non, il n'est pas honteux, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, de laisser partir certains bijoux de nos collections. Tout d'abord parce que l'art, contrairement aux discours ambiants sur la « dématérialisation de la culture », est une réalité. J'entends par là que les œuvres d'art sont un assemblage, souvent complexe, de matériaux divers. En conséquence de quoi, leur stockage, leur présentation, leur restauration, leur entretien ou simplement leur surveillance ont un coût. Et que plus personne, en dehors de quelques mécènes avides de retour sur image, ne veut mettre la main au porte-monnaie (à cet égard je suis prêt à offrir un repas chez Michel Bras à qui me fournira la liste de ceux qui nous envient notre « monde des musées (... ) pour l'exceptionnel soutien dont il bénéficie de la part de l'Etat et des municipalités »).
Ensuite pour défendre la question de principe concernant la libre circulation des œuvres d'art à travers le monde. En tant que restaurateur de peintures, je connais toutes les réserves et conditions qu'il faut poser au transport et conditionnement des œuvres. Mais plutôt qu'une longue dissertation, je rappellerais juste le discours que fit André Malraux à l'Assemblée Nationale le 9 novembre 1963 : « J'ai tellement lu qu'il ne fallait pas prêter la Joconde parce qu'elle ne pouvait pas voyager elle est revenue intacte que je n'ai pas été mécontent de voir qu'aux Etats-Unis ce tableau, envoyé par la France, était reçu par le Président, le Sénat, la Cour suprême comme aucun être vivant n'avait été reçu, et qu'à Washington ville aujourd'hui en majorité noire les pauvres femmes arrivaient avec leurs enfants les yeux baissés jusqu'au tableau, relevaient les yeux pour le voir, retournaient encore, comme pour voir des icônes. En définitive, ces centaines de milliers d'êtres qui venaient admirer la Joconde venaient dire merci à la France ».
Olivier CLERIN
Publié par ACRMP à 19:01:08 dans * Tribunes libres des membres de l'ACRMP | Commentaires (1) | Permaliens
Non je ne signerai pas la pétition lancée par Françoise Cachin et Jean Clair. Et pourtant, à bien y réfléchir, je l'aurais sans doute cautionnée il y a seulement quelques années. Mais la polémique passionnée et passionnante autour des prises de position de M. Loyrette a le grand mérite de lever le voile hypocrite qui recouvre les problèmes de « l'économie culturelle » et particulièrement, ceux concernant le patrimoine.
Si la réaction des pétitionnaires est légitime et si leurs craintes sont sans doute fondées, on est en droit de s'étonner d'un certain nombre d'arguments apportés à leurs thèses. En premier lieu par celui qui introduit la dite pétition affirmant que le monde des musées français serait « envié pour l'exceptionnel soutien dont il bénéficie de la part de l'Etat et des municipalités ». Je ne connais certes pas les ressources financières des grands établissements tels que le Louvre mais force est de constater, année après année, la misère croissante des crédits accordés au patrimoine en général et aux musées de province en particulier. A titre d'exemple la DRAC de la région Midi-Pyrénées consacrait, en 2003, 11,5 millions d'euros à son secteur du patrimoine. En 2006 le chiffre atteint péniblement 1,75 millions d'euros. En conséquence l'enveloppe budgétaire des musées a été amputée, toujours en 2006, de 30%! Il est d'ailleurs symptomatique que l'ex-directrice des musées de France n'évoque nullement la conservation et la restauration à propos de l'éthique « jusqu'à présent irréprochable » des musées.
La restauration n'est pas le seul secteur touché par ces restrictions. On ne compte plus les musées de province en panne de réhabilitation, de personnels ou de budget d'acquisition. De plus en plus d'établissements sont contraints, par leur municipalité, à réaliser le tour de force de monter ou de recevoir des expositions sans nouvelles ressources. La pétition évoque les codes de déontologie publiés par l'ICOM : il serait intéressant d'interroger les conservateurs sur la réalité de leur travail. Beaucoup passent plus de temps à faire de la gestion de personnel ou à mendier de pauvres subsides qu'à faire de la « recherche » ou « du travail scientifique ». « Et puis pourquoi les 7 millions de visiteurs annuels au Louvre, payants pour la grande majorité, devraient-ils être privés de ces œuvres si longtemps » s'interroge la pétition : on pourrait sans doute poser cette question aux milliers de visiteurs qui, cet été, n'ont pu accéder aux salles d'Egyptologie faute de personnel.
Ne serait-il pas temps d'accorder aux conservateurs un « droit à l'expérimentation » ? Le projet de M. Loyrette ne consiste pas à vendre ou dilapider notre patrimoine mais à « louer » temporairement certaines œuvres moyennant rétribution. Le patrimoine est inaliénable, pas intransportable. Les pétitionnaires se disent choqués de « l'utilisation commerciale et médiatique des chefs-d'œuvre du patrimoine national ». Mais alors que penser des halls d'accueil de nos grands musées transformés en véritables galeries marchandes ? J'ai récemment découvert dans l'une de ces boutiques, au milieu des pin's, calendriers, cravates et autre objet culturel, une boite transparente contenant une« figure action » à l'effigie de Van Gogh. Le peintre, tout en plastique articulé, tenait une palette à la main à côté d'un chevalet pliant. Mais le génie du fabriquant de jouet ne s'arrêtait pas là puisqu'il proposait une seconde tête interchangeable dite « à l'oreille coupée » le tout pour la modique somme de 10 euros. Et que doit-on penser des éternelles et invariables expositions autour des peintres impressionnistes : sont-elles concernées par le texte lorsqu'il affirme qu'« il faut prêter des œuvres d'art ( - ) dans le cadre de manifestations qui apportent une contribution à la connaissance et à l'histoire de l'art » ?
Ne faut-il pas faire confiance aux conservateurs en leur accordant un peu plus de marge de manœuvre quand à la gestion des collections ? M. Loyrette rappelle fort justement, lors d'un entretien accordé au « Monde » que son musée possède 380 000 œuvres pour seulement 35 000 exposées. Le dépôt payant et temporaire de certaines œuvres permettrait peut-être de restaurer et de présenter des collections en réserves. Pourquoi se priver de la possibilité de voir enfin nos musées pouvoir se porter acquéreur de chefs-d'œuvre aujourd'hui inaccessibles lors des grandes ventes internationales ? Et comment nommer ce patrimoine, acquis en 2006, à des prix pharaoniques et à la barbe des musées, par des « nouveaux riches »: objet d'art ou objet de spéculation ?
Je dois avouer être ravi de cette polémique. Ravi de voir enfin la question patrimoniale sur la place publique, enchanté de constater que le débat sur le rôle des musées arrive à se faire entendre au milieu d'une assourdissante et bien souvent inintéressante campagne électorale. Mais ce qui me réjouit le plus, c'est l'ampleur qu'est en train de prendre le débat. Certes les artisans de cette polémique ne sont pas exemptés d'arrière-pensées mais tant pis. Allumer son poste radio, au petit matin, en prenant son café chaud et en écoutant, à la place des sordides faits divers, des revues de presse consacrées à l'avenir de nos objets d'art, moi, à défaut d'illuminer ma journée, ça la rend moins sinistre. Foi de restaurateur !
Olivier CLERIN
Restaurateur de peinture de chevalet.
Publié par ACRMP à 18:47:19 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (1) | Permaliens
Pétition à l'attention du Ministre de la Culture
avec copie à la Direction des Musées de France, à la Direction de l'Architecture et du Patrimoine et au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France.Ap p e l s d ' o f f r e s : q u e l q u e s r é f l e x i o n s !
Depuis la mise en place systématique des appels d'offres dans le domaine de la restauration des oeuvres d'art, nous avons été confrontés à tous les cas de figure imaginables. A ce jour, aucun ne semble adapté ni à la sauvegarde du patrimoine, ni à notre métier. La plupart des appels d'offres dérivent, encore trop souvent, des marchés du bâtiment. Il arrive de rencontrer des bordereaux de prix qui ramènent la restauration à un travail au mètre carré ou au mètre linéaire. La restauration d'oeuvres d'art est un travail plus complexe dont on ne peut pas toujours évaluer à l'avance tous les aléas. Il est également fréquent de rencontrer des appels d'offre avec le prix comme seul critère d'attribution, et lorsqu'une note méthodologique est exigée, elle ne rentre souvent que pour une faible part dans la notation. De surcroît, l'expérience professionnelle n'est pas reconnue. Lorsque le prix ne parait pas être le seul critère, on ne connait jamais la logique qui préside à l'attribution du marché. Aucun procès verbal ne nous est remis et nos demandes de motivation n'apportent pas d'explications satisfaisantes. Nous ne savons jamais sur quelles bases ajuster nos offres ultérieures. Les marchés passés avec les monuments historiques sont ouverts à tous, y compris aux personnes à faible qualification. Nous sommes alors considérés sur un pied d'égalité. A court terme, ce seront les oeuvres et/ou la profession de restaurateur qui en pâtiront.
Nos devis servent couramment d'expertise gratuite. Certains, simples devis chiffrés, font office d'études préalables et sont utilisés en guise de cahier des charges alors qu'ils n'ont pas été conçus pour ce rôle. Cela conduit trop souvent à des résultats incohérents et incomplets. Cette mise en oeuvre systématique de la procédure d'appel d'offre, alors même que d'autres possibilités sont offertes aux donneurs d'ordre, alourdit considérablement la charge de travail aussi bien des restaurateurs que du personnel administratif. Récemment, l'appel d'offre de la ville de Nancy pour le musée lorrain à fait se déplacer de la France entière plus de quatre vingt candidats ! (80 journées, 80 devis et combien d'heures pour le dépouillement ?)
De nombreux conservateurs considèrent aujourd'hui cette procédure comme une entrave au bon fonctionnement de leur institution. Pour nos entreprises, le pourcentage de travail non rémunéré ne cesse d'augmenter, ce qui génère de grandes difficultés financières. Au vu de cette situation, tant pour la profession de restaurateur d'oeuvres d'art que pour les oeuvres d'art elles mêmes, nous vous demandons de constituer une cellule de réflexion qui proposerait un règlement d'application du code des marchés publics adapté à la restauration des oeuvres d'art. Cette cellule devrait être composée de restaurateurs et /ou de la FFCR (Fédération Française des Conservateurs-Restaurateurs), de conservateurs du patrimoine et d'administrateurs.
Nous proposons quelques points qui nous semblent mériter un certain approfondissement :
- L'association de professionnels rémunérés à l'élaboration des cahiers des charges et au suivi des travaux.
- L'organisation systématique d'appel à candidature, suivi d'une sélection voire d'un tirage au sort, pour limiter le nombre d'offres.
- L'élaboration d'un barème type d'analyse des offres (qualification et expérience, pertinence de l'offre, note méthodologique, prix).
- L'accès à l'information pour tous les candidats avant la remise des offres (communication des études in extenso avec mention de leur auteur).
- Une position claire concernant le droit à concourir des auteurs d'études préalables.
- L'autorisation des variantes et l'association de professionnels rémunérés lors de l'examen des offres ; en effet, lorsque l'appel d'offre impose les préconisations de l'étude sans accepter une seule variante, la concurrence ne peut s'exercer qu'en fonction du prix ; de plus, les restaurateurs sont alors obligés de cautionner des propositions avec lesquelles ils ne sont pas toujours forcément en accord.
- La notification du résultat à chacun des participants avec la remise d'un procès verbal.
- La fixation de délais minimum pour la remise des offres et de délais d'exécution en rapport avec l'importance des restaurations.
Un rapide changement de réglementation de la procédure, en corrélation avec nos propositions, apaiserait bien des tensions au sein des professionnels impliqués dans la sauvegarde du patrimoine, en attendant la réforme de fond que serait l'exception culturelle !
Ce courrier sera envoyé aux intéressés si au moins 200 personnes le signent.
Pour ajouter votre nom à la liste, cliquer www.petitionappeldoffre.com
N'hésitez pas à diffuser ce message.
Publié par ACRMP à 18:10:41 dans * Nos annonces | Commentaires (0) | Permaliens
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