• Pour quelques dollars de plus !

    Deux marchés, deux partis pris. Et c'est pourtant la même collectivité, la ville de Toulouse, qui lance simultanément deux consultations on ne peut plus contradictoires.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    Tout d'abord à l'église Saint Nicolas pour la restauration des peintures murales où pas moins de 200 m2 de zones lacunaires sont à reconstituer[1]. Ce qui est étonnant dans ce marché[2], c'est le nom du donneur d'ordre : la Drac Midi-Pyrénées. Alors que le nouveau code du patrimoine est sans ambiguïté sur la marche à suivre, il semble que la ville de Toulouse ait choisi de déléguer sa maîtrise d'ouvrage. Ce qui est beaucoup moins surprenant, ce sont les critères d'attributions retenus par ceux censés être les garants « scientifiques » des opérations de restauration. Car comme pour l'appel d'offre de Figeac[3], le prix des prestations comptera pour 60% de la note finale alors que la note technique pour seulement 40.

    Ensuite pour les musées Saint Raymond et Paul Dupuy[4]. Le marché négocié, scindé en deux lots, comprend la restauration de monnaies romaines et la stabilisation d'objets en plomb, fer et acier. Mais à la grande différence du précédent, voici ce que l'on peut lire au chapitre « critères de jugement des offres » :

    -         référence 25%

    -         C.V des intervenants 25 %

    -         Qualité du mémoire technique (qualité des descriptions, présence des photos et qualités des propositions de traitement) 25 %

    -         Le coût 25 %

    Mieux encore. Au chapitre « délais de validité des offres » il est stipulé qu'une « visite est obligatoire sur le site le 18 juin 2008 » et que le prestataire devra fournir dans sa proposition un certificat de visite, le mémoire technique et devis, CV et références professionnelles ».

    Pour conclure, la ville de Toulouse devrait au moins s'interroger sur un point. Si les subventions de l'Etat sont une aide non négligeable aux finances de la ville, ce type d'appel d'offre est-il vraiment dans l'intérêt du patrimoine toulousain ? Est-ce que les précautions prises pour la sauvegarde des pièces romaines deviennent caduques lorsqu'il s'agit de restaurer les œuvres du plus célèbre peintre décorateur de la ville rose ?Olivier Clérin.


    [1] Les peintures décoratives (faux-appareil et motifs ornementaux) sont l'œuvre du peintre-décorateur BORIOS qui réalise également la voûte étoilée sur fond bleu-ciel de l'édifice.
    Les six grandes scènes de la vie de Saint-Nicolas sont, pour cinq d'entre elles, l'œuvre du peintre et directeur de l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse, Bernard Bénézet, réalisée entre 1891-1894. Les restaurations concernant l'œuvre de Bénezet correspondent à environ 80m2 des 200m2.
    [2] Annonce N°08-139199 , publiée le 10/06/2008 sur le site du journal officiel.
    [3] Voir précédent texte publié sur ce blog.
    [4] Annonce N°42, publiée le 01/03/2008 dans le BOAMP 044 A, dépt. 31


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