• Réflexions sur les Ateliers du Patrimoine

    Les Ateliers du Patrimoine, organisés pour leur troisième session au conseil Régional de Midi-Pyrénées le 24 septembre dernier, témoignent sûrement de la volonté de la Région de mettre en place une politique patrimoniale, et de s'organiser face à une décentralisation de la culture menée à la hussarde.  On peut bien sûr s'impatienter d'entendre pour la troisième fois des tergiversations pour définir « le patrimoine », la sempiternelle nécessité de « s'approprier le patrimoine », ce vocable indigeste et émergent de « patrimoine mémorial », « patrimoine immatériel », ou entendre évoquer le classement des montagnes au titre de monument historique (mais qui va les sauver avec un titre pareil ?).  Mais s'il y a quelque chose qui sous-tendait ces ateliers, c'est bien l'inquiétude des élus pour l'administration, la gestion et le financement de cette sacro-sainte politique patrimoniale. Si l'Association  Nationale des Villes d'Art et d'Histoire va fédérer les idées et les crédits (président : M. Malvy), les outils juridiques et fiscaux manquent. Et si plus d'un ont rappelé que Malraux avait créé en 1964 l'Inventaire, le Président Malvy et un élu ont rapidement parlé d'un aménagement fiscal, la « niche Malraux », qu'il avait aussi mis en place pour inciter l'investissement dans la sauvegarde du patrimoine bâti. Or aujourd'hui, cet aménagement risque de disparaître, pour faire gagner à l'Etat 100 millions d'euros de déduction fiscale autrefois accordée sur les 400 millions investis dans la rénovation de logements dans les centres historiques. Ainsi que le souligne un journaliste du Point[1], rien ne peut garantir que l'Etat aurait été aussi généreux pour la restauration du patrimoine historique d'une petite centaine de villes en France. Alors, à votre bon cœur Messieurs les Sénateurs ! Votez contre le retrait de ces avantages ! Votez pour la sauvegarde du patrimoine patrimonial que chacun s'appropriera, mémorial d'une France en déconfiture, d'un patrimoine que les grands mécènes ne regarderont jamais, et dont l'Etat se désintéresse.

    Monique Drieux Daguerre



    [1] Le Point du 25/09/2008 p. 12 « Le chiffre de Jacques Marseille ».



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