• Son altesse !

    En quittant le parking au volant de son utilitaire, son visage reflétait inquiétude et apaisement mêlés. Après trois ans de son temps libre consacré à l'association, elle venait de démissionner de son mandat de présidente. Cette décision, elle l'avait mûrie depuis longtemps mais pourtant personne n'avait voulu y croire. Elle avait tenue ferme et après de longs et difficiles débats, elle pouvait enfin quitter la réunion, soulagée d'avoir transmis le témoin.

    J'ai travaillé trois ans à ses côtés en tant que membre du conseil d'administration. J'ai observé jour après jour ce petit bout de femme que rien ne prédestinait à une telle mission, remplir sa fonction avec zèle, sérieux, et application. Lorsque je repense à cette séance du premier conseil qui avait vu sa désignation, je suis frappé par l'intuition qui nous avait poussée à la choisir comme présidente. Car si l'intérêt commun nous avait contraint au regroupement, il faut bien avouer que nous nous connaissions peu. D'autres choix étaient possibles, mais sans doute perçait déjà cet étrange mélange de détermination et de douceur  qui a immédiatement entraîné l'adhésion générale.

    Diriger une association est ingrat. Il ne s'agit pas de nier les satisfactions que peuvent procurer le travail collectif, mais conduire un groupe de bénévoles revient à guider une troupe de touristes inexpérimentés en plein désert. Le plus dur n'est pas d'avancer mais de réussir à imprimer un rythme de marche qui convienne à tous. Et cela sans s'énerver de ceux venus en sandalettes, ceux qui ont oubliés leurs gourdes et ceux qui veulent marcher tout seuls devant.

    Sans parler de ceux qui se demandent toujours ce qu'ils sont venus faire dans cette galère.

    Je pourrais parler de sa profonde détermination, de ses convictions, mais aussi de ses doutes pour ne pas dire ses désespoirs devant la situation faite au patrimoine. Mais cela donnerait une image imprécise et lacunaire de la réalité. Je préfère vous faire un aveu : pour accompagner le petit mot qui était joint à mes articles que je lui donnait toujours à corriger, je l'appelait « Son Altesse ». Ce surnom, qu'elle souhaitait garder secret par pudeur, c'était le surnom qu'utilisait Danny Wilde pour s'adresser à Lord Brett Sinclair dans la célèbre série des années 70 « Amicalement vôtre ». Et bien je vous le dis, au moment ou elle tire sa révérence, c'est vraiment une Altesse.

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>            Le Vassal.

  • Commentaires

    1
    déserteuse en tong m
    Lundi 2 Février 2009 à 21:03
    Présidente sortante
    Alors il est où et quand le pot de départ ? Laissons un peu les anges passer, et si le cœur lui en dit...
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