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ACRMP

Association des Conservateurs-Restaurateurs de Midi-Pyrénées

Atelier 4 | 18 octobre 2008

                   « L'observatoire : un outil pour le développement par le patrimoine »
 

Présidente : Dominique Salomon, vice-présidente Evaluation des politiques publiques et régionales

Modérateur : Françoise Clermont, consultante en marketing et tourisme, responsable de l'observatoire du comité départemental du tourisme

Rapporteur : Samuel Perigois, Docteur, Université de Grenoble

 

On note la présence de M Marc Daniel et de Mme Jocelyne Saint Avit, du Conseil Régional.

 

Dominique Salomon présente l'observatoire, qui doit être basé sur la connaissance, le partenariat et doit être aussi un observatoire socio-économique. L'étude a été lancée le 23 septembre 2008 pour aider la Région à poser une méthodologie afin de lui permettre de piloter et d'animer seule l'observatoire, sans délégation.

Françoise Clermont précise que l'atelier doit être une contribution à la mise en place d'objectifs et de missions de l'observatoire, avec une mise en réseau de compétences.

 

Jean-Pierre SAEZ, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles (observatoire national)

Il précise que l'observatoire est une agence libre. Les données de l'observatoire reposent sur des évaluations et non sur une simple observation statistique. Le patrimoine s'est « pluralisé », et on observe une extension de la définition du patrimoine. Il s'intègre aujourd'hui dans le développement durable, et de nouveaux outils d'analyse sont à mettre en œuvre. Il est difficile d'évaluer les retombées économiques, tant le patrimoine est aussi chargé de symbolique et tant son impact social ne peut se résumer en quelques chiffres. En ce sens, on parlera plus d'évaluation que d'observation. Quelques critères d'évaluation : financements – besoins – impact – durée – formation des compétences – publics – flux des financements – emplois directs et indirects – analyse de l'existant (inventaire). L'interprétation des résultats, notamment la qualité du travail accompli, ne peut se faire qu'avec les acteurs, le plus délicat étant de transformer les résultats en outils.

 

Remarque de M Carrier, prof.  Du Master « Patrimoine et politique territoriale » de Pau : les outils ne sont pas neutres politiquement.

 Hervé PASSAMAR, directeur de l'Agence régionale du patrimoine de Paca (sociologue et économiste de formation)
L'Agence est née en 2001 et est présidée par M Joutard (NB : ancien recteur de Toulouse). Elle a été développée pour l'évaluation d'un patrimoine dans lequel 100 Millions d'euros sont investis pour la sauvegarde, puis a élargi ses missions pour une étude sur la patrimoine, en s'appuyant sur les réflexions de Xavier Graffe (économiste présent aux Ateliers du Patrimoine de MP en 2007). L'agence emploie 4 personnes.
L'impact économique et social du patrimoine protégé et non protégé en PACA  s'est développé à partir :
-         d'un état des lieux
-         de la mise en place d'un cadre pérenne  pour l'observation dans la durée, avec co-production des données des différents acteurs : chercheurs, économistes, historiens, géographes, juristes, et le groupement régional des entreprises Monuments Historiques (GREMH), le centre de recherche sur les métiers du patrimoine.
Le patrimoine regroupe en effet des métiers très différents, de la restauration à l'accueil du tourisme.
La difficulté est de collecter des données fiables et utilisables. Comment utiliser par exemple le fait que les billetteries représentent un montant supérieur aux financements Etat/région des restaurations ? Le Patrimoine peut en effet générer plus qu'il ne coûte, mais les investisseurs ne sont pas forcément ceux qui ont un retour. Ainsi, la DAPA a missionné l'Agence depuis 2007 sur ces questions, le rapport devant être remis en novembre 2008. On pense d'ores et déjà que le poids du patrimoine est plus important qu'estimé, et que face à l'érosion de la fréquentation, le mode de gestion et la qualité du patrimoine doivent être repensés.

Questions :

Louis Peyrusse (Master Patrimoine de Cahors) remarque que la notion de patrimoine ne peut être figée, et qu'il est important que les outils intègrent l'évolution de la recherche.

M Carrier de Pau constate l'importance du service de l'inventaire comme base pour les évaluations et les observations

M Saez estime que les données des petites communes sont rarement prises en compte car elles sont très difficiles à intégrer. Le patrimoine n'est pas prioritaire pour les intercommunalités, qui le classent en 4° position, derrière les bibliothèques, l'enseignement artistique, le spectacle vivant.

 Jean-Loup Abbé et Claire Jude de Larivière (directeur adjoint de l'UMR Framespa et maître de conférence à la MSH)
Ils présentent l'axe patrimoine de la Maison des Sciences de l'Homme (MSH) : 11 équipes de chercheurs pour l'histoire, l'archéologie et l'histoire de l'art. La MSH représente un lieu de compétences, de recherches, de collectes de données, d'observations, de formation,  et ce depuis de nombreuses années. La MSH est aussi une interface entre la recherche et les pouvoirs publics, par le biais de la sensibilisation. M Abbé présente le projet INTERREG, projet européen sur le patrimoine des bastides du Moyen-Age et démontre qu'un tel projet étend le patrimoine régional au-delà des frontières.
 

Mme Clermont demande d'accélérer le rythme des communications

 Fabrice Bonnifait, responsable de l'inventaire de la région Poitou Charentes
Rappel : l'inventaire a été mis en place par Malraux en 1964 et a été transféré aux collectivités par une loi du 13 août 2004. En PC, l'inventaire est intégré à une direction qui s'intitule « Vivre ensemble »
Un travail a été fait sur l'inventaire du patrimoine industriel de la région, avec un lien très fort sur la mémoire ouvrière et la place de l'Homme dans ce patrimoine. Une communication a été organisée pour un public le plus vaste possible et l'inventaire est accessible à tous (site inventaire.poitou-charentes.fr). 
 Nathalie VALLEE, chargée de mission Patrimoine, Union régionale des CAUE de Midi-Pyrénées
L'union a pour objectif de promouvoir l'architecture, l'urbanisme et l'environnement. Les CAUE participent à la planification des mises en évidence des ressources locales, leur valorisation, la hiérarchisation des choix. En ce sens, les CAUE contribuent à l'observatoire régional en tant qu'experts techniques sur des projets territoriaux. Cependant, quelles structures et quels moyens pour l'ORP ? Quels seront les experts et leur représentation ? Peut-on imaginer une université permanente ou un comité d'experts à géométrie variable ?  Dans les Hautes-Pyrénées, un diagnostic a été fait sur le patrimoine rural ; il faudrait apprécier la méthodologie en la comparant avec celle d'autres démarches.
 Mme Salomon interpelle ensuite un représentant du Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse, chargé du développement, sur le sujet de la collecte des données dans la perspective des retombées touristiques. Le représentant précise que l'on observe ce que l'on veut bien voir et mettre en valeur. Il rappelle que les musées sont dépositaires d'un patrimoine public et qu'ils ont pour rôle de conserver et de transmettre ce patrimoine. Il est donc nécessaire d'organiser la collecte des données tout en se basant sur des connaissances. Créer des modèles est un risque et il ne faut pas confondre les musées avec des parcs d'attractions. Il faut donc hiérarchiser les objectifs selon la qualité à maintenir.
 Un représentant de l'association CLEF ( ?) présente le projet de mise en valeur du patrimoine bâti dans le Tarn, en convention tripartite (partenaires non retenus ou non précisés) et en collaboration avec le CAUE.
 Monique Drieux présente Materia Viva et l'ACRMP. Elle précise que sans la conservation et la restauration du patrimoine bâti et mobilier, il ne peut y avoir de valorisation ; M Passamar parlait même  de l' « érosion de la fréquentation » en PACA car le patrimoine n'est pas assez entretenu. Enfin, le constat d'état du patrimoine et les études par les chercheurs (MSH et universités) devraient être liés à l'inventaire et servir de base pour guider les choix et les politiques de mise en valeur du patrimoine.
 Mme Salomon conclue en rappelant la complexité du champ d'intervention de l'ORP par rapport aux impacts directs et indirects. Il existe cependant beaucoup d'acteurs sur lesquels se reposer, des institutions publiques (CAUE , MSH - elle rassure les représentants de sa considération-, chercheurs et universitaires) et privés (associations, professionnels).
  Restitution de l'atelier 4 : Samuel Perigois, Docteur, université de Grenoble
 Dans la structuration de la politique du patrimoine de la région Midi-Pyrénées, l'observatoire est un point de mire. L'observation est complexe avec le problème récurrent de la délimitation du champ « Patrimoine ». L'observation culturelle est basée sur la décentralisation et le transfert de compétences : il faut donc « territorialiser » l'approche du secteur. Il existe déjà un observatoire national et l'échelle de la région doit être envisagée. Les enjeux portent sur la connaissance, le partage et la mise en débat public de cette connaissance commune, la mise en perspective, l'élaboration de stratégies. Observation et évaluations, système d'observation à observatoire : notions polysémiques. L'observation est le préalable de l'évaluation. On pourrait définir l'observation comme la capacité à produire, à capitaliser des informations et mettre les analyses à disposition de tous.
Mais, les données doivent être actualisées, et les informations accessibles à tous.
Quelle configuration pour un observatoire régional ?
Il est une plateforme de ressources dans la durée, une aide à la décision, une articulation avec l'action, un rapport au territoire, où les acteurs doivent être autonomes des politiques ;
Il est un lieu de concertation et de renforcement des réseaux, avec une co-production des données par différents acteurs associés à la démarche ;
Il est une mise en débat, un accompagnement des politiques territoriales, un partage de la connaissance ;
Il a enfin une dimension pédagogique.
Le rôle de l'inventaire et la temporalité des actions est importante, mais quels indicateurs pour observer, évaluer, sachant que les outils ne sont pas neutres politiquement ? Enfin, des questions sont soulevées : quelle organisation et quelle gestion ? Quel rôle régulateur pourraient avoir l'Etat et la Drac ?
L'observatoire est donc une méthode pour produire du sens dans un domaine changeant.

Publié par ACRMP à 07:03:14 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Atelier 3 | 18 octobre 2008

« Le patrimoine, une image à renforcer, un facteur de développement durable et d'échanges »
 

Président : Marc Carballido, Vice président développement Durable de la Régio Midi-Pyrénées

Modérateur : Jean-Marie Compte, Adjoint chargé des relations internationales, coopération décentralisée, patrimoine et tourisme, Ville de Poitiers.

Rapporteur : Jacinthe BESSIERE, Maître de conférence, université de Toulouse le Mirail

 

Introduction : la réflexion de l'atelier 3 va porter sur les points suivants :

-         comment le patrimoine peut-il participer aux politiques de développement

-         comment les acteurs de terrain perçoivent-ils les objectifs de transversalité

-         les partenariats et les mutualisations possibles

 

Jean-Luc Morinière, Association Mémoire des Vallées, Chargé de la mission de transition au Pays d'Art et d'Histoire des Vallées d'Aure et du Louron.

Le Pays d'Art et d'Histoire, ses effets en terme de développement local et d'aménagement.
 

La candidature au label Pays d'Art et d'Histoire (PAH) est un projet culturel de territoire, qui requiert le désir et l'engagement des habitants (acteurs), si modestes soient-ils. Si jusque là les projets autour du patrimoine étaient la plupart du temps parachutés et soumis au financement (voire même c'est le financement qui créait le projet), sans souci des acteurs locaux. Avec le PAH, c'est le contraire : tout vient des élus, des collectivités et des acteurs (associations...). Si le financement est attendu, il n'est pas au cœur du projet. Ce qui est attendu, c'est l'optimisation des ressources humaines. On n'est pas là dans un projet standard, le PAH s'engage pour et avec les habitants, il s'agit d'un projet culturel du territoire.

 

Pour les Vallées d'Aure et du Louron, cette démarche a été un outil de développement avec des effets :

- économiques : signalisation des ressources locales (marbre, eau) tourisme plus équilibré , développé sur l'année : nature (ski, montagne) et culture (visites guidées, festivals..) avec des activités chaque saison, tourisme scolaire (service éducatif du PAH en partenariat avec les écoles et collèges du coin)

 - sociaux et culturels : réappropriation du fond culturel par les habitants natifs comme nouveaux venus, renforcement du sentiment d'appartenance à un pays, avec extension vers l'Aragon et l'Espagne.

- environnementaux : amélioration de la qualité des aménagements, valorisation et sauvegarde de l'architecture locale

La priorité a été mise sur les actions de printemps et d'automne (tourisme annuel), l'artisanat s'est raffermi et il y a eu un effet d'entraînement...

L'intercommunalité a été renforcée au détriment des rivalités entre communes et vallées..

 
 

Georgette Bréard, Vice-Présidente de la Région Bretagne charge du Patrimoine et du Tourisme, Présidente du Comité Régional de Tourisme.

La place du patrimoine dans la communication et le tourisme régional.
 

La Bretagne est la 1ère région de France (hors Ile de France) pour la quantité de patrimoine.

Elle a un patrimoine spécifique matériel (nature, calvaires, navires, moulins, lavoirs, )... ou immatériel (cuisine, danse, musique), fortement investi par tous.

C'est une région à forte personnalité et forte consommation touristique, (4ème région touristique de France).

Le tourisme y est une activité économique majeure (revenu complémentaire pour les agriculteurs, restauration de résidences secondaires,...) avec pour conséquences  un très faible taux de chômage et des créations d'emplois en hausse (8% du PIB breton,).

Une enquête a été menée en 2005, 17 000 questionnaires ont été remplis par des visiteurs : 20% d'entre eux visitent des monuments et des musées, 75% se portent plutôt sur les balades à pied et en vélo.

Le tourisme est très dépendant du patrimoine et de la culture.

Le vivier patrimonial naturel attire des touristes demandeurs d'activités « nature ».

Nature et culture forment deux entités patrimoniales qui s'alimentent réciproquement.

Il est donc nécessaire de prendre en compte la juste valeur du patrimoine, comme une ressource, et non pas seulement sa valeur d'existence.

Il faut démocratiser l'accès au patrimoine pour les habitants et pas seulement pour les visiteurs et inscrire le patrimoine dans le développement ; une « charte du patrimoine et du développement durable » a été mise en place.

Pour promouvoir le patrimoine et consolider sa position de pilier de l'économie bretonne, la région a créé une Direction Tourisme et Patrimoines (culturel et naturel).

Le développement durable est le fil conducteur de la politique patrimoniale et touristique. Il faut concevoir une « mise en tourisme » du patrimoine breton.

 

Patrick Lévy, Directeur général du Comité Régional du Tourisme de Midi-Pyrénées.

L'audit identitaire, un outil de communication pour le territoire.

 

Qui est-on (en Midi-Pyrénées),qu'est-ce qu'on a à vendre de plus (que les autres régions) ?.A partir du patrimoine de la région (y compris humain et naturel), il s'agissait d'élaborer un plan marketing, partir à la conquête d'une nouvelle clientèle (les « hors-saisons », les étrangers), avec la promotion des produits : il faut prendre l'intégralité de la panoplie. (un client nouveau coûte 7 fois plus cher à acquérir qu'un client fidèle).

Une enquête a donc été menée auprès des habitants, des clients et des professionnels en vue d'établir une stratégie marketing, une nouvelle identité touristique. 50 experts se sont donc mis au travail pour cet « audit identitaire »)

Est venue la présentation de la région Midi-Pyrénées à travers des photos :

Patch-work des couleurs de Midi-Pyrénées –ou des non couleurs, le vert, le rouge, la pierre, la terre, camaïeux urbains, la neige, les matières naturelles, la concentration des technologies, culture du repas, parfums, sons et terroir, l'accent, l'occitan, les lumières, le climat (les anglais viennent voir notre brouillard)

Finalement, Midi-Pyrénées, c'est un équilibre entre le physique, le cérébral, l'affectif et le spirituel. Une terre d'humanité, de plaisir, de contraste, de nature, de rencontre et de fusion. Une civilisation de l'épanouissement.

Pour Midi-Pyrénées, une devise est née : « liberté, intensité, Midi-Pyrénées ».

 

Jean-Marie Compte, Adjoint chargé des relations internationales, coopération décentralisée, patrimoine et tourisme, Ville de Poitiers.

Les échanges techniques, économiques et culturels internationaux.

 

Souhait de la nouvelle équipe municipale de faire du patrimoine l'un des axes forts d'une nouvelle politique du tourisme, et de déployer de cette politique vers l'international par

la candidature de la ville de Poitiers retenue comme ville française pour le projet européen HerO (Heritage as Opportunity) : il s'agit d'un consortium de 10 villes européennes travaillant à lier davantage le patrimoine et le tourisme et ceci dans le cadre du développement durable[1].

Ce projet a créé une dynamique de territoire qui rassemble les acteurs et développe un programme de rénovation urbaine et de valorisation du patrimoine.

A Poitiers, il s'agit de faire coexister le parc de loisir du Futuroscope avec le secteur sauvegardé de la Communauté d'Agglomération.

 

5ème intervention : non programmée, d'une personne du service du patrimoine et du tourisme de la Ville d'Albi.

Dans le cadre de l'agenda 21, a été montée une opération de coopération décentralisée entre la ville d'Albi et la ville d'Abomé au Bénin qui possède comme la ville d'Albi  un important patrimoine en brique; cette coopération porte sur la conservation et le développement de ce patrimoine, avec l'intervention des acteurs locaux, mais également sur l'eau et l'assainissement.

  Débats 
M. le CAOA de l'Ariège déplore que l'atelier n'ait pas répondu à son attente et pose la question : pourquoi les objets du patrimoine ne sont pas intégrés aux circuits touristiques ? Pourquoi en a-t-on fait si peu cas ?
Il lui est répondu que bien sûr les objets du patrimoine sont intégrés aux circuits touristiques, mais que l'on n'a pas eu le temps d'entrer dans le détail ... et que, par ailleurs, M. Malvy a déjà évoqué les Objets Mobiliers dans son allocution.
 
La présidente de l'ACRMP intervient également en ce sens, et évoque le financement de la restauration des objets mobiliers à quoi le modérateur lui répond que ce sujet ne concerne pas l'atelier en cours,  relayé pas plusieurs intervenants qui répondent de manière autoritaire et déterminée que le patrimoine n'est pas que culturel mais aussi naturel et que dans le cadre du développement durable c'est ce dernier qui doit avoir la priorité.
Une paysagiste fait  enfin remarquer que la monumentalité de certains paysages vaudrait que l'on leur confère un statut de Monument Historique ou quelque chose d'équivalent.
 Une personne présente en un mot l'Association des Parcs et Jardins de Midi-Pyrénées et nous invite à consulter le site internet, www.pjmp.eu
 
Un architecte du patrimoine s'inquiète : il lui semble que la Région se met à avoir une gestion étatique du patrimoine, sans tenir compte du local. Par ailleurs, les crédits Monuments Historiques diminuant, il faudra bien se poser la question du financement de l'entretien et de la restauration.
 

Une muséographe énonce la nécessité de revoir l'organisation des liens entre le patrimoine et le tourisme, à savoir que le tourisme profite largement du patrimoine, l'inverse n'étant pas vérifié. Il serait bien que le tourisme contribue au financement du patrimoine, mais on lui répond que cette question ne concerne pas le sujet de l'atelier.

  

Restitution de l'atelier 3: rapporteur Jacinthe Bessière, Maître de conférence université Toulouse-le Mirail.

 

1/ M.Patrick Lévy a développé l'idée de patrimoine comme instrument de communication au service des territoires ; ce directeur de l'office du tourisme Midi-Pyrénées a fondé son plan marketing sur les valeurs intrinsèques de la région mises en désir dans un diaporama, 

2/ Avec Mme Bréard nous avons vu la place du patrimoine dans la politique touristique et l'attractivité d'une région à forte personnalité

3/ M.Morinière nous a montré comment faire du développement durable à partir du patrimoine, et comment le patrimoine pouvait devenir une ressource au service du territoire, à travers la démarche de candidature au label Pays d'Art et d'Histoire.

4/Nous avons enfin vu deux exemples de coopération internationale avec les villes de Poitiers et d'Albi.

Les débats ont montré la difficulté de donner une définition du patrimoine : naturel ou culturel, certains allant jusqu'à parler de monumentalité des paysages[2].

 

[1] Le projet "HerO" dispose d'un budget total de 850 000 euros et reçoit un financement d'un quart de million d'euros de la part de l'UE.  Outre Ratisbonne, "HerO" regroupait en avril 2008 Naples, Graz, Vilnius et Sighisoara (Roumanie). Quatre à six autres villes devraient les rejoindre. Plus de 30 communes et régions, dont Porto, Athènes, Budapest et Liverpool, auraient signalé leur intérêt.Le réseau devrait se mettre au travail début 2009. En l'espace de trois ans, il s'agira d'élaborer et de soumettre à discussion des programmes d'action portant sur la conservation et la valorisation des centres-villes historiques. Les résultats pourront être transposés sur d'autres villes européennes  et seront des modèles d'urbanisme.(Relatio Europe, http://www.relatio-europe.eu/leurope-en-regions/leurope-vecue-dans-les-villes-et-les-regions/104-leurope-vecue-dans-les-villes-et-les-regions/3187-ratisbonne-coordonne-un-projet-modele-de-patrimoine-europeen)

[2] Commentaire personnel d'un rapporteur de l'ACRMP: j'ai trouvé la restitution peu objective, ne respectant pas l'ordre des interventions, accordant beaucoup d'importance à l'une d'entre elles,  en évoquant à peine d'autres bien plus intéressantes et concrètes à mon avis.

 

Publié par ACRMP à 07:02:12 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Atelier 2 | 18 octobre 2008

« L'intégration de la dimension patrimoniale dans les politiques d'aménagement du territoire : des politiques partagées et complémentaires entre collectivités »
 

Président : Jean Louis GUILHAUMON, Vice président Tourisme, Région Midi-Pyrénées

Modérateur : Jean ROUGER, Mairie de Saintes et vice président de l'Association Nationale Villes et Pays d'Art et d'Histoire.

Rapporteur : Alain LEFEBVRE, Professeur émérite, Université Toulouse Le Mirail

 Introduction
 

J.L.GUILHAUMON : Présentation des chiffres touristiques : flux de fréquentation en MP : 54,6%  des activités clientèles sont culturelles.  Sur 15 Millions de visiteurs, 13 concernent les Grands Sites.

La politique culturelle de la Région est la mise en valeur du développement durable. Le fonctionnement se fait avec le système de Convention partenariat : 7 départements sur 8. L'accent est mis sur les grands sites touristiques culturels : une vingtaine en Midi-Pyrénées ; Ceci à travers un travail de promotion et de mise en œuvre de la préservation du patrimoine en développant les infrastructures d'hébergement, de circulation etc...

Volonté de créer un maillage des grands sites avec le territoire en fonctionnement sous forme de réseau : chaque grand site puisse faire référence aussi à un autre grand site pour favoriser l'intégration du patrimoine.

  1. Une démarche d'aménagement culturel du territoire
 Eric ANDRIEU, Vice président Région Languedoc-Roussillon, chargé du programme Pays Cathare, Attaché parlementaire (absent) (a œuvré pour la labellisation « Pays Cathare »)

MICHEL OLIVIER, chef de mission pour les équipements structurants au Conseil Général de Saône et Loire

 

MICHEL OLIVIER (difficilement audible et compréhensible) projet d'aménagement du territoire de Cluny dans le Mâconais

 

Mobilisation de la communauté des communes

Recherche de conventions, recherche scientifique fondamentale

 

ROLAND CHABERT Conseil Régional Midi Pyrénées Service Connaissance du Patrimoine

 

Restauration des MH, prise en charge par le Département 

Mise en place d'une Convention Cadre uniquement avec le département du Lot (projet sur 3 ans) : programme scientifique du territoire défini avec le département : programme dit exemplaire car il prévoit depuis la première étape, la connaissance de l'inventaire, jusqu'à celle de sa présentation.

A cette convention s'adjoignent d'autres conventions complémentaires.

 

Exemple de LECTOURE (Gers) : pilote de la convention : connaissance et valorisation de l'inventaire et apporter des outils et aider les musées. Les crédits : 86 millions d'euros concernent ce projet, crédit de restauration non compris...(pas de chiffre à ce propos).

  

2. L'articulation des stratégies : la contractualisation avec les départements et les Pays Voynet

 Nicolas BRU, Chargé de mission patrimoine, CAOA, Conseil Général du Lot (absent)

RAYMON VALL, Président de la Commission Culture à la Région Midi-Pyrénées, Maire de Fleurance, Président du Pays Portes de Gascogne (absent)

Jean CAMBON, Président du Pays Midi-Quercy

 

AURELIE BEGOU Chargée de Mission à la Culture dans le Pays Portes de Gascogne

Signature d'une convention culturelle (projet 3 ans) pour le développement des projets territoriaux

76 500 euros. Mise en avant de la culture occitane, d'un patrimoine immatériel.

Surtout le spectacle vivant. L'outil de communication : la communauté des communes.

Valoriser une dynamique territoriale avec l'aide de la conservation départementale du Musée du Gers.

Problème  rencontré: raréfaction du financement public

 

Jean CAMBON Président du Pays Midi-Quercy

A œuvré pour la mise en place d'une charte de développement durable (projet sur 3ans) : une charte paysagère. Le paysage s'insère dans la notion de patrimoine. Signature d'une convention avec la Région et le département du Gers. Travail sur le patrimoine immatériel et la langue occitane. L'Action se fait au sein de la communauté des communes. Grande unité politique. Le pays fourni l'ingénierie.

 

3. L'intégration des Villes et Pays d'Art et d'Histoire dans la politique patrimoniale régionale

 

Paul FROMONTEIL, Vice président Région Poitou-Charentes

La politique régionale est axée sur la Culture, le sport, le lien social et le logement. Sur le terrain, la Région a la maîtrise d'ouvrage : l'art roman, forte ligne budgétaire. Les festivals d'art roman permettent la valorisation des grands monuments, des petites églises. Des manifestations donnent une dimension créative et contribue à l'aide à l'emploi.

C'est la 1ère région a avoir fini son inventaire patrimonial industriel (3ans de travail) : le résultat de ce travail : une connaissance scientifique sur sa propre région.

Cela a permis de découvrir que le territoire n'a pas seulement une histoire agricole mais industrielle qui est une réponse sur l'économie sociale de la région.

Dans chaque Pays un animateur culturel permet une Transversalité.

Un travail avec le réseau des villes d'Art et d'Histoire est également effectué.

P.F. souligne le désengagement de l'Etat et le fait que la région a trouvé ses solutions et rappelle que « l'Etat ne doit pas être exonéré de son rôle ».

 4. La synergie des politiques pour une plus grande transversalité
 

PASCAL QUENIOT, Directeur adjoint du PNR (Parc National Régional) Loire Anjou Touraine

 

Projet sur 12ans.

Label national géré par un Syndicat Mixte

Objectif : préserver et valoriser le patrimoine naturel, bâti, culturel et contribuer à l'aménagement durable et favoriser le développement économique.

Ex : Marais Distré( ?)cadre avec un support pédagogique

Le patrimoine rural en déclin : méthodologie de travail : recensement communaux et inventaires. Inventaire Dynamique, méthode Renable (contraire de typonymique)

Sélection des édifices par des groupes de travail

Maîtrise d'œuvre : l'Architecte du Parc

 

Restauration avec aide à 80% de la DRAC et 20% des communes

Les crédits :

Crédits de fonctionnement : Europe de 1997à 1999

Crédits d'investissement de 2000 à 2007 : Région, département, mécénat d'EDF

Travail avec des structures d'insertion avec les départements pour la sélection de chantier en fonction de la présence sur place de structures d'insertion

Valorisation pédagogique : « L'éloge des lavoirs »

BILAN d'évaluation :

500 000 euros de restauration avec une redistribution pour les structures d'insertion

A l'échelle des Pays et des EPCI : absence de volonté politique : ingénierie financière et technique absente. Politique non portée sur le paysage

A l'échelle des communes : approche opportuniste des élus et sectorielle, réappropriation des patrimoines, bon accueil des habitants

Pour le parc maître d'œuvre : financement multiples et sectoriels/ la notion de valorisation est incomprise et à clarifier, taux d'intervention insuffisants, coût de fonctionnement important, absence d'évaluation de l'impact social

Pour le territoire : pertinent, le projet détermine le territoire, EPCI à fiscalité propre dans une approche supra territoriale

 

Piste de réflexion : créer une « imagibilité » et s'influencer de l'Association Villes d'Art et d'Histoire

 Intervention de Mr CALMETTE,  architecte: manque de lien entre le terrain et l'action des élus,
Intervention de Mr BAFFALIE, représentant de l'Association des maisons des paysans de France : fait une remarque sur l'absence sur le terrain du savoir faire, des artisans,...
 CONCLUSION : A qui appartient le patrimoine?
 

Restitution : Alain LEFEBVRE, professeur émérite, Université de Toulouse le Mirail

 

Dans une atmosphère sans langue de bois, l'atelier a réuni 70 personnes pour donner une bonne illustration du territoire, composé de 4 éléments : ressources localisées, processus d'appropriation, aménagement, héritage construit. Le patrimoine caractérise l'essentiel d'un lieu, d'un imaginaire à mettre en relation avec d'autres territoires, en transfert, en échanges. On note la mutation des sociétés dans laquelle le patrimoine s'inscrit. Le patrimoine et le développement durable sont des notions à construire, qui ne vont pas de soi.  Enfin, certains ont souligné les problèmes de « gouvernance territoriale ». Il existe des outils spécifiques à articuler avec les aspects juridiques et administratifs.

Un architecte demande s'il peut exister une gouvernance sans formation. Un autre intervenant, peu audible, explique qu'il n'existe pas de moyens d'intervention au niveau régional ou interrégional en France à l'heure actuelle.

Publié par ACRMP à 06:59:12 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Atelier 1 | 18 octobre 2008

 
 « De la connaissance à la sensibilisation des publics et des élus »
 

Présidente : Hélène BRETON, Vice présidente Culture, région Midi-Pyrénées

Modérateur : Jean René ETCHEGARAY, Maire adjoint, Ville de Bayonne

Rapporteur : Fabrice Thuriot, Enseignant chercheur, Université de Rennes

 

Il a été essentiellement question dans cet atelier de l'inventaire et de ses objectifs, non seulement comme se rattachant à l'ordre de la connaissance, pour la protection, mais aussi comme outil pouvant servir dans le cadre de projets d'aménagements urbains.

 

Marie-Annick BERNARD-GRIFFITH (absente, représentée par Mme Bernard), Directrice du Développement culturel et sportif, Région Limousin.

 

Le communicant commence par deux rappels :

            . Les inventaires : compétence qui a été transférée aux Régions avec l'Etat qui reste présent en tant que « gendarme contrôleur »,

            . L'inventaire doit être avant tout un outil de connaissance.

Elle met l'accent sur six différents points :

            . L'inventaire est un outil d'aménagement du territoire.

Il est une ressource pour le tourisme, une ressource documentaire et iconographique.

L'inventaire doit être pensé en fonction de ce que l'on compte en faire (cahier des charges).

            . L'inventaire est un outil de partenariat entre communes, pas de tutelle d'une commune sur l'autre. 1/3 du territoire seulement fait l'objet d'un inventaire en Limousin.

            . Mission de sensibilisation et de pédagogie auprès des publics.

L'édifice ne suffit plus par lui-même.

            . Un dialogue avec l'Etat est nécessaire pour contribuer à un meilleur fonctionnement.

            . Mission de conseil :

L'inventaire doit servir d'éclaireur pour les régions. Certains inventaires méconnus doivent être diffusés.

            . Elargissement du champ de la connaissance.

 

La région Limousin a fait deux opérations de communication :

            . diaporama pour les JDP,

            . document « Les inédits du Patrimoine ».

Le transfert aux Régions est la meilleure chose qui soit arrivé. Dans une évolution naturelle, elle doit être aussi développeur.

 

Dominique MASSON, chef du bureau de la protection des espaces – Ministère de la Culture et de la Communication – DAP

 

Après la création par A. Malraux de « l'Inventaire général » (reconnaissance de valeur historique et scientifique) l'inventaire aujourd'hui occupe une place dans les politiques d'urbanisme et d'aménagement.

L'inventaire doit correspondre à des objectifs définis en amont, et ses méthodes doivent s'adapter aux usages que l'on en attend (connaissance, promotion touristique, urbanisme...) Il revêt une dimension juridique - tout en n'étant pas en tant que tel « opposable au tiers » - dans le domaine de l'aménagement et de l'urbanisme (espaces protégés) et doit prendre en compte les PLU, ZPPAUP etc... (plan local urbanisme – zone protection patrimoine architectural urbain et paysager)

D'où la nécessité pour l'évaluation du patrimoine bâti de considérer l'ensemble urbain, les aspects sociaux économiques, et les capacités de conservation en fonction de l'état sanitaire et pas seulement une évaluation scientifique (immeuble par immeuble)

La réussite de la démarche sera dépendante des conditions d'un partenariat, en privilégiant une approche pluridisciplinaire.

Il y a eu transfert des compétences mais l'Etat n'est pas totalement dépossédé. Il reste responsable des textes, il fournit les outils juridiques.

Il est important d'insister sur son rôle de conseil scientifique qui permet de garantir une certaine homogénéité sur le territoire.

Aujourd'hui, le patrimoine est une réalité sociétale, un vecteur économique. Il fait partie de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme. Il est vecteur de développement durable.

L'inventaire doit servir à l'élaboration de documents d'urbanisme. Il permet une mise en œuvre opérationnelle et sert de base à la maîtrise d'œuvre (restauration).

 

Un inventaire doit être appliqué :

            . au départ, l'inventaire doit être systématique et non sélectif,

            . il doit être pondéré (contexte urbain donné de l'immeuble ; évolution),

            . il doit être à géométrie variable,

            . l'inventaire doit être préalable à la classification des immeubles et à la gestion dans le temps,

            . l'inventaire est conjoncturel : il dépend des choix politiques.

Cet inventaire est différent de l'inventaire scientifique même si la méthodologie reste la même, le vocabulaire commun et la datation scientifique.

Le contenu doit être opérationnel car on débouche sur la prescription de travaux.

Limites : l'inventaire ne peut pas traiter l'intérieur d'immeubles,  ni les matériaux.

Dans un secteur sauvegardé, on peut tout réglementer (intérieur, matériaux ...) mais système lourd et qui ne peut pas être utilisé partout.

Les inventaires préalables sont nécessaires. L'Etat ne veut pas être un censeur mais il garde un droit de regard.

 

Gérard DUCLOS, Maire de Lectoure

 

A la demande de Monsieur Malvy, Lectoure est inscrite comme ville pilote dans l'inventaire.

Il s'agit d'élaborer une démarche dans l'inventaire « exportable » donc utilisable en d'autres lieux.

 

L'inventaire doit être un outil de développement économique fort.

Savoir expliquer aux administrés pourquoi et à quoi il sert (culturel mais aussi social).

 

Le principe : -    convention Lectoure Région

-         recrutement pour trois ans d'un technicien

-         achat matériel financé à 50%

-         travail avec service urbanisme de Lectoure, formation du personnel, résultats consultables

Lectoure s'est doté d'une ZPPAUP mais n'est pas en Secteur Sauvegardé.

L'inventaire réalisé, quelles suites vis à vis des administrés, hormis raconter l'historique des immeubles ?

Quid du conseil (travaux de restauration après achat ?)

Quid de l'avenir (si on laissait faire des mutilations ou des destructions du patrimoine dont le seul témoignage ne serait plus que l'inventaire ?)

L'élu souhaite la réalisation d'une fiche urbanistique de préconisations à côté de la fiche historique. Question : comment deviendront-elles opposables aux tiers ? (hors secteurs sauvegardés)

L'inventaire doit exister, il est indispensable dans la gestion des centres anciens, il doit être global et opposable aux tiers.

Importance de l'inventaire dans la gestion des centres anciens qui se veulent modèle de développement durable.

  

Patrick DESCHARLES, Maire adjoint de St Léonard en charge de la culture et du patrimoine

 

Le travail mené sur cette commune, sur la base de données Mémoire, Mérimée, Palissy et du plan cadastral de l'inventaire, a permis de définir l'utilité d'élaboration d'un secteur sauvegardé, en confrontant la réalité du moment par rapport à un descriptif ancien.

Tâche pas évidente pour une petite commune dépourvue de service d'urbanisme, qui s'est faite en collaboration avec la DRAC, la Région et des associations locales d'érudits.

 

Véronique GERMAIN, directrice de l'Urbanisme et de l'Aménagement – Ville de Colmar

 

Expose à partir de deux exemples – Avignon et Colmar – les besoins en inventaire pour la mise en place de secteurs sauvegardés.

Valeur de mémoire : connaissance, conservation du patrimoine

Valeur d'usage : guide de travaux

L'inventaire est défini comme un outil pour inscrire le patrimoine dans l'espace contemporain et futur.

Exemple de la maison Cappeau de Saint Marc à Avignon : la fiche d'inventaire mentionnait une salle de bain datant de 1910. Cet immeuble devait être vendu à un américain qui souhaitait démonter la salle de bain et l'emporter. Grâce à cet inventaire, la vente a pu être stoppée et la salle de bain sauvée.

D'où l'importance d'un inventaire même s'il est incomplet ; il faut toujours continuer à le compléter.

 

Anne Laure MONIOT, architecte, chef de projet, mission recensement du paysage architectural urbain

 

Exposé de la démarche menée à Bordeaux consistant en l'élaboration d'un inventaire exhaustif des architectures sur un tiers de son territoire pour une politique de conservation de restauration et de rénovation.

Cet inventaire appelé « recensement » est au service du plan local d'urbanisme. Volonté de prendre en compte le Patrimoine dans ce plan d'urbanisme.

 

Cet inventaire produit une connaissance servant à des dispositions réglementaires intégrées au PLU, élaborées en lien avec les urbanistes, associant patrimoine et développement urbain. Le recensement est mené à la direction de l'aménagement urbain par une équipe (assistée d'un expert : A. Mélissinos)) comprenant un historien, des architectes et des techniciens.

Ce projet fait l'objet d'une convention entre la Ville, La DRAC et le service régional de l'inventaire.

Rappel de l'article 11 : restaurer, remplacer ou modifier sans altérer. Mais, on ne peut pas mentionner les matériaux dans un plan d'urbanisme. D'où la nécessité de faire de la communication pour sensibiliser le public :

Edition des « Carnets d'une ville en héritage ».

 

Antoine BRUGEROLLE, Architecte du Patrimoine

 

3 étapes dans l'inventaire :

            . identification du Patrimoine,

            . qualification,

            . prescription.

Le mot Patrimoine est à entendre au sens large (sites naturels ...).

L'inventaire est un outil de travail qui doit être opérationnel et s'adapter au sujet. Outil de gestion, de formation, de connaissance mais aussi de communication afin d'aller vers la population pour qu'elle accepte le règlement.

 

Alexandre MELISSINOS, Architecte urbaniste, enseignant au CEDHEC

 

Nous assistons à une régression des moyens. On veut faire plus avec moins, c'est donc l'étude qui paie les pots cassés. Cela a un effet sur la connaissance et on peut perdre des bâtiments par un manque de connaissance et de culture des personnes qui mènent les travaux.

Importance de la formation du personnel qui fait les études et qui les lit.

L'inventaire est « l'unité élémentaire » du recensement patrimonial. Le recensement ne peut être qu'exhaustif.

Posture qui nous distingue des gens de l'inventaire : nous devons comprendre l'évolution et la transformation. Un centre ancien est un lieu complexe, chaque bâtiment a sa spécificité (pas deux bâtiments identiques).

Transparence et respect du droit : les servitudes imposées aux gens sont souvent incomprises. Le fichier à l'intérêt de nous obliger à faire une prescription, à voir si cette prescription est répartie de façon identique. Oblige l'architecte à expliquer le pourquoi, à expliciter les critères.

Le document d'inventaire doit être approprié par celui qui l'utilise. Pas de fiche-type mais les termes de vocabulaire doivent être rigoureux (restaurer, restituer ...).

Contre l'opposabilité de la fiche car il est difficile de savoir ce qui sera important ou faisable dans 5 ou 10 ans. La fiche vient comme explication, justification, des dispositions et servitudes.

Problème actuel : la découverte fortuite n'existe plus car si le bâtiment n'est pas inventorié, on ne peut pas faire de sondage. Tout ce qui n'est pas inventorié n'existe pas.

Autre problème : au niveau architectural, on ne considère que l'extérieur du bâtiment (l'emballage !) et pas l'intérieur.

Nous sommes le seul pays d'Europe où l'on ne peut pas prescrire les matériaux ! Pour l'Etat, la tromperie vaut la chose !

 

Il faut sauvegarder l'indépendance de celui qui évalue le Patrimoine : exemple de Bordeaux (système de coopération entre la ville et le chargé de mission qui vient de l'extérieur).

 

Marie-Hélène BLOCH, Animatrice de l'architecture et du patrimoine, VAH Besançon

 

Lien entre Patrimoine et usager ; importance de la transmission au public.

Ex : Besançon, ville d'art et d'histoire depuis 1986.

Développement du tourisme culturel. Edition de documents grand public.

« Raconte-moi ... », « Laissez-vous conter ... », documents édités en plusieurs langues et remis à titre gracieux.

Formation d'une équipe de conférenciers.

Mise en place d'une signalétique patrimoniale.

Mise en place d'une base de données.

 
Restitution de l'atelier : Fabrice Thuriot, Enseignant chercheur, Université de Rennes

Monsieur Thuriot livre les points essentiels  de cet atelier :

-         Le caractère opérationnel de l'inventaire avec des connaissances spécifiques préalables en amont ;

-         Les enjeux que sont l'urbanisme, le tourisme, le développement durable

-         L'inventaire : élargissement des missions de base des services régionaux liées aux exigences scientifiques et techniques de l'Etat ;

-         M. Masson a parlé d'un « inventaire appliqué » : systématique, exhaustif, pondéré, à géométrie variable, conjoncturel et avec des prescriptions

-         L'implication des associations dans la connaissance du patrimoine local et un langage commun facilitant la diffusion des connaissances

-         Les pans d'urbanisme avec prescriptions patrimoniales (ZPAUP)

-         L'élaboration de fiches permettant de préciser l'état d'un bâtiment ; pour les architectes, les fiches sont primordiales pour éviter la subjectivité des choix ;

-         Les fiches ont une valeur de mémoire, d'usage

-         Il existe une différence entre inventaire et recensement, entre exhaustivité et détails

-         La sensibilisation permet la formation et les compétences en région

-         L'archéologie est un passé plus lointain mais à prendre en compte.

 

M Masson précise qu'il ne faut pas rendre les fiches opposables et que l'inventaire peut donner lieu à une désignation du patrimoine. L'exhaustivité n'existe pas et tout ce qui n'est pas désigné n'existe pas.

M Rouger rappelle la mise à jour régulière.
Un représentant de la Ville de Bayonne évoque le débat sur a réforme des « niches fiscales » et du plafonnement mis en place par Malraux, qui sont actuellement mis à mal par le gouvernement ; il engage tout un chacun à faire pression pour que perdure un outil financier indispensable.

Publié par ACRMP à 06:57:36 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

LES ATELIERS DU PATRIMOINE - 3ème session | 10 octobre 2008

24 septembre 2008
Conseil Régional de Midi-Pyrénées


Ouverture des Ateliers par M. Martin Malvy, Président de Région Midi-Pyrénées
 

M. Malvy remercie l'assemblée, nombreuse, d'être venue participer à cette  troisième session des Ateliers, qui constituent un rendez-vous du patrimoine. Le succès semble tel que ce rassemblement pourrait devenir annuel.

En créant l'Association Nationale des Villes et Pays d'Art et d'Histoire (dont M. Malvy est le Président), il y a eu la volonté de créer un réseau, où l'on a pu constater un engagement et les efforts des élus. Un guide sera publié chez Gallimard dans quelques mois.

Midi-Pyrénées est vaste et en reprenant l'inventaire, la Région n'a pas voulu perpétuer la méthode pratiquée jusque là par ce service, méthode pertinente mais ... patiente à tout le moins. L'Inventaire, devenu service Connaissance du patrimoine au sein de la Région a été renforcé par plus de personnel, notamment en vue de la numérisation des œuvres de Midi-Pyrénées sur 10 ans. Il s'agit d'une démarche économico touristico culturelle. En novembre-décembre sera mis en place un portail patrimoine, fort déjà de 50 000 images.

Une réflexion doit être menée sur le développement à travers le patrimoine qui doit en être un levier. Pour cela, la Région a cherché des partenaires : les Conseils Généraux. Sept départements sur les huit ont accepté de passer une convention en ce sens, pour faire des actions communes.

Enfin, un partenariat Etat-Région pour les objets mobiliers a été signé en avril pour soutenir une profession mal en point[1].

La Région intervient sur les grands sites et les équipements. Par exemple, un projet, via un syndicat mixte, est mis en place pour Rocamadour, de 20 à 35 M€ sur 10/15 ans (problèmes d'accès, piétionisation...). L'effort est également porté sur les musées (Toulouse-Lautrec, Rodez...), les pôles archéologiques ainsi que l'ORP (Observatoire Régional du Patrimoine).

Depuis les ateliers précédents, l'accent a été mis sur la restauration des façades et la valorisation des chœurs de village.

La situation actuelle concernant les Monuments est catastrophique et ce n'est pas terminé. Pourtant, le patrimoine, comme la Culture, fait partie intégrante du développement économique.

Il faut défendre la politique de Malraux qui est LE moyen de...

L'ANVPAH et les collectivités territoriales ont à se mobiliser pour le patrimoine car il y a encore des résistances pour consacrer des moyens à la conservation du patrimoine et faire de celle-ci une priorité.

 

Monsieur Jean Rouger, maire de Saintes et vice président de l'Association Nationale Villes et Pays d'Art et d'Histoire.
 

L'association regroupe aujourd'hui 130 villes et territoires ; elle permet entre autres un partage des questionnements et expériences en matière de patrimoine à travers les points suivants :

-         mettre en réseau les compétences de tous les acteurs du patrimoine, élus et techniciens

-         développer la connaissance mutuelle et les échanges entre villes et territoires

-         contribuer à la définition d'une économie d'ensemble d'une ville avec son patrimoine

-         accompagner les villes et territoires dans la mise en oeuvre de leur politique patrimoniale

-         mobiliser les acteurs autour de la conservation, la restauration et la mise en valeur du patrimoine en restructurant le dialogue au niveau national.

L'ANVPAH travaille avec plusieurs ministères, le Sénat, l'Assemblée nationale...

Un projet pilote a vu le jour avec la région Midi-Pyrénées, sous forme d'une convention triennale.

-         renouvellement urbain par la qualification des interlocuteurs

-         renforcement de la politique des villes et territoires d'art et histoire

-         moyens pour renforcer les potentialités des villes et territoires d'art et histoire

-         développement des outils de connaissance.

Finalement, l'importance de la mise en réseau est soulignée : il s'agit de faire se rencontrer élus, professionnels, « scientifiques de tous poils », en vue d'une alliance patrimoine, culture et activité économique. 

A la fin de l'allocution de M. Rouger, M. Malvy rappelle la volonté de développer la politique patrimoniale sur les grands sites et de les faire communiquer ; par exemple, à Gavarnie, on pourrait faire de la publicité pour Rocamadour et vice-versa.

Monsieur Dominique Paillarse, Directeur Régional des Affaires Culturelles en Midi-Pyrénées.
 

Monsieur Paillarse salue ce troisième rendez-vous ainsi que la détermination de la Région en matière de patrimoine.
Michel Clément envoie un message d'amitié en soulignant l'attention qu'il porte à ces ateliers, où il est représenté par M. Dominique Masson.

Ces derniers temps, bien des choses bougent au niveau de la Culture.

M.Paillarse se réjouit de la RGPP en cours au ministère de la culture :

Ces trois dernières années, la DAPA a sorti 15 textes réglementaires après un travail de fond exceptionnel, et qui permettent une mise a jour, une simplification  et une mise en cohérence des textes existants.

La RGPP a conduit à une réduction du nombre de directions d'administration centrale, avec maintenant une Direction Générale du Patrimoine.

M.Paillarse confirme que les DRAC, dont l'action a été plébiscitée, seront maintenues auprès des préfets de région et que les SDAP seront intégrés aux DRAC et non plus sous l'autorité des préfets de département.

Des sommes sont réservées pour la mise en valeur des sites archéologiques et les musées. Quant aux objets mobiliers, leur économie est particulièrement fragile.

Deux textes à venir : celui sur  l'assistance à maîtrise d'ouvrage et celui sur le contrôle scientifique et technique. (Nous sommes dans une phase de transition pour ce qui concerne la restitution de la maîtrise d'ouvrage aux propriétaires publics ou privés).

Le Lot ayant été le seul département à se porter volontaire pour l'expérimentation, il se voit doté de moyens confortables.

La DRAC croit fort dans les dispositifs du secteur sauvegardé (VSSP) et pour soutenir ce zonage et cette procédure, des budgets particuliers ont été réservés.

Quant au financement des Monuments Historiques... M. Paillarse a été choqué par le titre d'un article dans Télérama lors des JDP : « le patrimoine est une ruine.  Non, le patrimoine n'est pas une ruine, c'est une richesse, et l'étude de PACA le démontre. Midi-Pyrénées va engager une étude similaire.

Finalement, tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faudrait, pour les Monuments Historiques, un budget annuel de 400M€...

Pour finir sur une note optimiste, l'exemple de Bonrepos-Riquet est évoqué. Cette commune moyenne a racheté, avec l'aide notamment de la Région, le château et le domaine de Riquet, dans lequel se trouvent des machines hydrauliques qui ont servi de « test » pour le canal du Midi. Ce projet en cours est un enjeu majeur pour Midi-Pyrénées. La population de Bonrepos s'est approprié ce patrimoine : en juin, 130 bénévoles sont venus débroussailler le terrain, et cette opération va se renouveler en octobre...  Madame Hélène Breton, Vice-présidente culture, Région Midi-Pyrénées
 

Les acteurs du patrimoine ont besoin de se rencontrer, d'échanger...

Il faut trouver une stratégie, avoir une vision transversale du patrimoine afin qu'il puisse être   un levier de développement économique. Cela passe par le tourisme, le développement durable, études et prospective. La Région met en place un accompagnement des projets d'avenir des lycéens autour du patrimoine. Ce développement doit prendre une dimension sinon internationale, tout au moins euro régionale, sans oublier l'aspect formation aux métiers du patrimoine.

Le partenariat est l'élément clef de la méthode – il faut élargir les horizons. Une quinzaine de régions sont représentées dans nos rencontres, avec des institutions, des associations, des universités, des structures professionnelles...

Nécessité d'un partenariat avec les populations, qu'il faut aider à se mobiliser car ce sont elles les meilleures protectrices du patrimoine.

Enfin, il faut fortement axer les aides financières en fonction de la transversalité et du partenariat.

L'observatoire  est une plateforme de rencontre qui assure la mission d'observation ainsi qu'une action socio économique du patrimoine cf. la région PACA et la recherche dans le Languedoc Roussillon


[1] Un commentaire sur ce point d'un des rapporteurs de l'ACRMP : j'espère quand même que le but premier de cette convention n'est pas le soutien aux restaurateurs en difficulté mais une réelle volonté de conservation et de mise en valeur du patrimoine mobilier, politique sans laquelle, en plus de l'abandon du patrimoine mobilier, effectivement toute une profession est mise à mal ....
 

Publié par ACRMP à 14:41:13 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (1) |

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